Ces derniers jours, les piétons et les habitués qui empruntent le passage de la Bourse (à côté de Rive Gauche) ont constaté que la Librairie Grandchamps/Fafouille est en vente. L’affiche "À vendre" collée sur la porte de cette boutique très connue à Charleroi depuis plus de trente-cinq ans en a surpris plus d’un. 


Les propriétaires, Étienne Grandchamps, libraire, et son épouse, Régine, qui s’occupe de la comptabilité, souhaitent prendre leur retraite. Une fois le bâtiment vendu, le stock de livres ira chez leur fille, au Livre ou Verre, le café-bouquinerie situé également dans le passage de la Bourse.

Selon Étienne Grandchamps, "depuis quinze ans, l’impôt foncier ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, l’impôt de la boutique est à plus de 11 000 euros. Je n’ai plus les moyens de payer ce foncier avec des bouquins vendus à 2 ou 3 euros. En moyenne, je devrais vendre 50 euros de livres pendant 200 jours par an, mais je n’y arrive pas. Au lieu d’utiliser cet argent pour mes vieux jours et pour mes frais médicaux, l’argent passe dans les impôts", dit-il, déçu, avec une voix fatiguée. "Ma femme et moi sommes usés par l’absence d’aide aux commerçants, en particulier pour les vieux commerces comme le nôtre. Pourtant, les vieux commerçants sont les supports de la ville", poursuit-il.

Leur commerce de livres n’a pas beaucoup d’avenir. Ils pensent tenir la boutique encore une dizaine d’années. Ils ne vendent plus comme avant car les gens lisent en général sur des tablettes ou des smartphones et beaucoup de personnes achètent leurs livres en ligne. "Autrefois, j’avais une vingtaine de personnes en permanence dans ma boutique, maintenant j’en ai une ou deux toutes les deux heures", observe le propriétaire.

D’autre part, selon le libraire, le piétonnier est une fausse bonne idée pour les commerçants de la ville basse. "En tout cas pour les commerces qui sont en aval de Rive Gauche vers la rue de Marchienne et la rue du Collège car c’est devenu un désert économique total", explique-t-il. D’après Étienne Grandchamps, les commerçants de la ville basse sont en train de mourir et ces transformations de la part de la Ville ne répondent pas à la pratique d’un commerce sain.

"Les livres sont les véhicules de l’intelligence. Le métier du livre est très passionnant et j’adore mon métier. Mais il n’y a personne pour nous aider et il n’y a plus de clients pour acheter nos bouquins", dit-il avec regrets.

Il est bon de rappeler que d'ici la vente, la librairie Fafouille reste - bien évidemment - ouverte.