Si le phénomène de harcèlement est maintenant bien connu comme étant une réalité que ce soit dans le milieu scolaire ou au travail, il n'est pas rare d'être confronté à une forme d'impuissance dans cette lutte.

A L'asbl Dans ma ruch située à Marcinelle, on a fait de la lutte contre le harcèlement une priorité en termes de communication et d'actions. "Tout d'abord il faut avoir la notion de ce qu'est concrètement le harcèlement. Il s'agit d'un acte répétitif avec une intention de nuire ainsi que d'une disproportion des forces en place," explique Cassandra Gheys, responsable de l'asbl.

Dans un cadre scolaire, le retour au "présentiel" marque un changement par rapport à ce qui a pu se passer lorsque les cours se faisaient à distance. "Il n'y a pas vraiment de différence entre le cyber-harcèlement et le harcèlement. Parfois ce qui se faisait à distance se poursuit dans la cours de récré. Dans les écoles où les GSM sont interdits durant les cours cela peut se poursuivre via des groupe de discussion notamment." Les conséquences peuvent être diverses mais les faits observés sont souvent les mêmes. Le harcèlement entraîne une sous estime de soi ou encore un isolement pouvant mener à l'échec scolaire et pire au suicide.

Cassandra Gheys, reste très attentive à adopter des méthodes adaptées à des contextes particuliers car chaque situation est unique. "Il n'y a pas de recette magique pour lutter contre ce phénomène, il est nécessaire de connaître les différentes situation afin d'y apporter les meilleures réponses. Pour commencer, il est important de parler de cible de harcèlement et non de victime. Cette dernière appellation ne fait que renforcer la sous estime de soi en plaçant une personne en position de victime aux yeux de tous."

Même si la lutte contre le harcèlement semble être un combat utile reconnu par les établissements scolaires et les pouvoirs publics, la fondatrice de l'asbl regrette que cette lutte ne bénéficie pas des moyens les plus appropriés. "Pour mettre quelque chose en place il faut des délais bien trop longs, parfois d'un an et demi à deux ans. Un autre point important est le "on a toujours fait comme ça" . Il est nécessaire d'adapter et de remettre en question les modèles en place. Pour cela il faut une réelle volonté politique et institutionnelle. Sur le terrain, une mutualisation des moyens serait plus efficace que le chacun dans son coin. La formation fait aussi défaut dans les établissements scolaires."

Bien que l'on parle souvent de harcèlement scolaire, il ne faut pas mettre de côté le harcèlement au travail. La crise de la covid a été également propice à son développement. "Certains managers ont tout d'abord refusé le télétravail maintenant de la sorte une emprise sur des employés mais, à l'inverse, le télétravail a été l'occasion de harceler à distance notamment avec des e-mail envoyés à toutes les heures et tournés de manière ambiguë jouant ainsi sur l'absence de ton et une utilisation peu adaptée de la ponctuation," conclut Cassandra Gheys.