C’est à Charleroi que se situe le plus important centre de médiation de dettes de Wallonie : celui du CPAS. En 2020, le service a vu fondre son volume de dossiers.

"Nous sommes passés de 1 060 en 2019 à 789 (404 suivis et 385 nouveaux), soit une baisse de 25 %" observe Véronique Pisano, à la tête de cette cellule de 13 travailleurs dont deux avocats à mi-temps. Arrêt temporaire des tribunaux, report des mises en exécution de jugements par les huissiers, procédures de recouvrement plus lentes, la crise a provoqué des effets secondaires qui pourraient favoriser un afflux de demandes dans les semaines et mois à venir. Président du CPAS, Philippe Van Cauwenberghe dit observer une reprise depuis le mois de janvier. Le profil des personnes en difficulté demeure globalement inchangé : il s’agit en grande majorité d’allocataires sociaux qui se sentent acculés. La perte d’activité et d’emplois que la fermeture de certains secteurs combinée à la baisse généralisée de la consommation va immanquablement mettre des indépendants en difficulté.

"Il ne faut pas avoir peur de venir consulter notre service de médiation de dettes, établi dans des locaux distincts de ceux de notre antenne sociale." L’élaboration des dossiers s’effectue discrètement et confidentiellement. "Il faut aussi veiller à agir au plus vite, ce qui accroît les chances de consensus avec les créanciers", complète Véronique Pisano. Au fil du temps, la responsable de la cellule constate une complexification des dossiers. Afin de gagner en efficacité, le département informatique du CPAS a travaillé à l’élaboration d’un logiciel de traitement des dossiers : Mediabili (c’est son nom) intègre un système de gestion administrative déjà opérationnel que doivent compléter des outils de calcul pour la préparation des plans de remboursement. "Pour prévenir le surendettement, notre centre public d’action sociale porte un projet de formation en gestion budgétaire" indique Philippe Van Cauwenberghe. "Un module d’éducation permanente en individuel et en collectif pour éviter les "rechutes". Ce projet est inscrit dans le programme stratégique transversal de cette mandature. Nous allons le concrétiser."

Arrivé en fin de bail dans ses bureaux de la galerie Eldo, le service se prépare à déménager. En avril, il s’installera dans un bâtiment de la rue de la Neuville (derrière le stade du pays de Charleroi) acheté récemment par le CPAS au prix de 650 000 euros. "Les travaux d’aménagement se terminent", observe le président. "En termes d’économies financières, c’est une excellente opération pour notre institution." Le loyer actuel et les charges se chiffrent à près de 150 000 euros par an, soit 12 500 euros par mois. Le futur siège se trouve à proximité du CPAS et de la Maison de l’Énergie.

Actuellement, le service de médiation de dettes reçoit les nouveaux demandeurs les lundis et vendredis de 8 h 30 à 11 h 30. En dehors de ces permanences, il n’est accessible que sur rendez-vous par téléphone au 071/20.83.40.