Charleroi Rencontre avec la première échevine de tutelle, Julie Patte (PS).

En Wallonie, Charleroi est la seule ville à avoir mis en place un conseil communal citoyen. Sous cette mandature, les processus de consultation et de participation vont être renforcés. La première échevine de tutelle, Julie Patte (PS), fait le point.

Comment avez-vous organisé vos états généraux de la Participation ?

"De février à juin, je suis allée à la rencontre des membres de la société civile impliqués dans la vie locale : comités et relais de quartiers, acteurs associatifs, citoyens engagés dans les conseils de Participation. Si l’on y ajoute les répondants à notre questionnaire diffusé dans les lieux publics, nous avons mobilisé plus de mille personnes. Leurs attentes et suggestions ont été triées, analysées, comparées à nos priorités politiques : cela va permettre au dispositif d’évoluer pour mieux coller aux besoins de notre population. Et j’ai bien entendu veillé à adapter en conséquence le contenu de notre Plan stratégique transversal."

Quels enseignements en retirez-vous ?

"Que les Carolos sont demandeurs : ils veulent se faire entendre et donner leur avis. Quatre sur dix veulent pouvoir le faire via Internet ou une application, et une consultation trimestrielle leur paraît être la bonne fréquence. Ils sont donc motivés. Mais avant de construire une relation de travail, il faut établir un climat de confiance : c’est le challenge !"

Comment allez-vous vous y prendre ?

"À ce stade, les citoyens impliqués se sentent peu soutenus et entendus. Nous allons donc d’abord augmenter les moyens de financement et les budgets participatifs, avec une attention sur la clarification des procédures, l’écoute et la présence sur le terrain, la rapidité des réponses, ce qui demande davantage d’énergie et d’effectifs. Le premier défi est celui de la communication : les outils existants souffrent d’un déficit de visibilité. Il faut les faire connaître !"

Le modèle du conseil de participation est le bon ?

"Oui, mais il faut l’améliorer. Chaque district urbain a son propre conseil, composé de vingt à trente membres. Il y a encore des places disponibles partout pour des gens prêts à s’investir dans l’intérêt général. Pour optimaliser le modèle, il faut en simplifier l’organisation, en accroître la représentativité car certaines catégories de citoyens n’y ont pas trouvé leur place, je pense notamment à ceux issus de l’immigration. Nous devons enfin mieux les informer des projets qui les concernent, et les y associer. Pour que ça marche, nous devons renforcer l’accompagnement."

À travers une structure professionnelle ?

"Bien sûr, et cette structure existe : c’est la MPA, qui pourrait garder son nom pour devenir la Maison de la participation et des associations."

Des budgets participatifs doublés

Le CPAS de Charleroi a doublé ses budgets participatifs cette année : "L’enveloppe est passée de 30 000 à près de 65 000 euros, ce qui a permis d’augmenter le nombre de projets soutenus et le seuil de financement, porté à 3 500 euros par projet contre 2 500 avant", explique le président de l’institution Philippe Van Cauwenberghe (PS). "Si le concept s’inspire à la base d’une initiative lancée par l’ancienne maire de Lille Martine Aubry, il s’est imposé dès le début des années 2000 dans notre Espace citoyen de la porte Ouest à Marchienne, avant de s’étendre aux autres Espaces citoyens, puis à tout le territoire communal."

Dans ce cadre , les ASBL, écoles, associations de fait, comités de quartiers ou groupes de citoyens sont invités à présenter des projets qui doivent renforcer le lien social ou avoir un impact positif sur les personnes en situation de précarité. L’appel à candidatures a permis de retenir 23 lauréats.

En complément, un nouvel appel à micro-projets a été lancé en septembre avec un complément de budget de près de 40 000 euros : sept dossiers ont été validés, selon Philippe Van Cau.

Comme l’observe sa collègue Julie Patte, "ces moyens du CPAS s’ajoutent aux 420 000 euros qui seront engagés par la ville sur la mandature pour soutenir la dynamique".