Charleroi Christelle Terwagne tient le business familial de Robert la Frite à Charleroi, et vient d'ouvrir le P'tit Robert à deux pas de Rive Gauche. Elle réagit à la polémique du Bicky, où la marque a montré une femme se faisant frapper par un homme parce qu'elle ne lui avait pas apporté un vrai Bicky.


"En tant que femme, ça me choque : je ne comprends pas la brutalité de la publicité, le message est : il y a des vrais et des faux Bicky, ok. Mais pourquoi une femme devrait encore une fois se faire frapper? Ou qui que ça soit déjà, c'est pas comme s'il n'y avait pas assez de possibilités pour faire passer le message", nous confie la patronne du "monument" carolo. "A travers toute l'histoire les hommes ont tapé sur les femmes, les femmes ont tapé sur les hommes, les hommes ont tapé sur les hommes, les hommes et les femmes ont tapé sur les enfants... pas la peine d'en rajouter dans une pub Bicky, c'est bon là."

Par contre, en tant que commerçante, ça ne l'empêchera pas de vendre des Bicky. Enfin, ses Bicky. "Je ne sais pas si j'ai des vrais ou des faux, du coup. Parce que j'ai la viande de Beckers, j'ai le pain Bicky, mais j'utilise un mélange des trois sauces... vu la quantité que j'en vends, faire les trois sauces séparées ça prend trop de temps. Et pour le cornichon, on demande au client parce qu'il y en a qui n'aiment pas. On fonctionne comme ça depuis des années, et c'est les burgers qui marchent le mieux ici. Par contre, je n'ai pas acheté le pack, avec pain-viande-sauces-carton. J'ai pas envie qu'on vienne me demander : alors, ils sont vrais ou faux vos Bicky? Parce que c'est ce que les gens vont venir dire."

Au P'tit Robert, où on a croisé Christelle Terwagne, on se dit surtout que la coup de pub a fonctionné: "tout le monde a vu et entendu parler de Bicky... Je ne comprends même pas comment ils en sont arrivés à faire une pub pareille. Oui, quand on voit le dessin, on a l'oeil attiré, parce que c'est choc. Mais c'est trop choc. Peut-être qu'ils ont voulu faire une pub à la Charlie Hebdo, pour choquer. Et ça me choque. Ca choque beaucoup de gens, on n'a pas le droit de jouer sur la violence envers les femmes. C'est juste n'importe quoi."