"Depuis que j'ai pris mes fonctions, on a doublé l'aide alimentaire en la passant à 26 millions d'euros. Mais j'ai voulu spécifiquement un million d'euros pour les produits hygiéniques féminins, en particulier contre la précarité menstruelle. C'est important pour les femmes et les enfants de pouvoir prendre soin de son corps, il s'agit de dignité humaine... mais encore faut-il y avoir accès, parce qu'un déodorant, une brosse à dent ou des protections hygiéniques, ça coûte plus cher qu'un kilo de farine et s'il faut faire un choix, c'est souvent manger qui est prioritaire", se désole la ministre fédérale socialiste Karine Lalieux.

30 palettes de tampons et de serviettes ont été livrées mercredi à la Banque Alimentaire de Charleroi, le CPAS avait de son côté réservé 900.000 protections hygiéniques pour ses publics. 

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"La précarité menstruelle est encore trop taboue, les règles le sont déjà de manière générale. C'est un risque d'isolement social, de peur des taches, de ne pas savoir où ni quand se changer... en plus de l'impact sur la santé des femmes", indique encore Karine Lalieux. "Une panoplie complète de produits sont disponibles désormais avec l'aide alimentaire d'urgence et au CPAS, avec surtout une possibilité de choix : tampons de différentes tailles, serviettes plus ou moins absorbantes, parce que chaque femme - jeune adolescente, femme, femme âgée - a ses besoins et ses habitudes."

Cette aide matérielle permet aussi, sur un autre plan, de mettre en lumière le sujet des règles. Notamment avec les travailleurs sociaux directement. "Le sujet étant souvent tabou, y compris en famille, c'est important que ça soit connu, que ça soit reconnu. Parce que les règles touchent quasiment toutes les femmes, à quasiment tout âge. Et il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, d'aînés, de familles monoparentales qui ont du mal à se payer des protections hygiéniques... surtout avec les factures qui n'arrêtent pas d'augmenter. On considère, à tort, qu'il s'agit de produits de luxe alors que ça n'en sont pas. On travaille sur la question."