Situé juste à côté du Rockerill, sur la route de Mons, le lieu a pour vocation d'accueillir les artistes itinérants internationaux.

Au départ, le bâtiment connu de bon nombre de carolo ne laisse rien transparaître de la convivialité qui y règne et encore moins du décor surprenant.

La grande grille d'entrée franchie, on découvre enfin l'intérieur. Si jadis il y avait un ascenseur, aujourd'hui il n'est plus en fonction. Il faut donc monter quatre étages à pied sur les six que compte le bâtiment. En montant, de palier en palier, c'est la grande interrogation. Que va-t-on y découvrir ?

Arrivé au quatrième étage, le souffle court, il est impossible de reprendre sa respiration car cette fois, c'est la décoration et l'ambiance qui sont à couper le souffle. Lorsque l'on pénètre dans le grand couloir on est tout de suite fixé sur la dimension artistique et industrielle voulue par le propriétaire Serge Enchanté. Si certains peuvent penser qu'elle est faite de bric et de broc, il n'en est rien.On est dans le vintage pur et dur. Chaque élément décoratif est authentique et a sa propre histoire.

L'hôte des lieux nous fait alors visiter le plateau, il nous présente des chambres réparties dans un couloir où sont déposées quelques valises anciennes. Le message est clair : "posez-vous, laisser vos bagages à l'extérieur et prenez possession de votre espace de créativité."

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On découvre aussi la dimension internationale du lieu quand l'un ou l'autre passe à côté de vous en vous saluant avec un accent espagnol, italien ou...flamand.

S'il y a des chambres de disponibles pour les personnes participants à des ateliers s'étalant au moins sur deux jours, les artistes résidents occupent eux des espaces adaptés à leur discipline. Qu'ils soient peintres, sculpteurs ou écrivains, chacun s'approprie son endroit.

Bien que tous disposent d'un espace privé, la cuisine et le salon sont à partager. La liberté est offerte à chacun de sortir manger ou de partager ce moment avec les autres résidents. Sans difficultés les langues se délient et chacun raconte son histoire. L'un discute de son parcours de vie et qu'il vient du bout du monde, l'autre raconte qu'il habite à 10 km de là mais recherche un endroit où s'isoler pendant 2 semaines. Tous ensemble, ils forment leur propre bulle.

Curieux, nous avons eu la possibilité de visiter les étages supérieurs. Le cinquième est aussi étonnant que le reste. Là le plateau est complètement ouvert sur une grande salle disponible pour les réunions d'entreprises ou les projets artistiques de groupe.

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La localisation : au bord d'une route, à proximité du métro et non loin des usines d'Air Liquide pourraient rendre le séjour désagréable. Ici, il n'en est rien. Le cadre industriel et les machines qui entourent le bâtiment donnent aussi l'envie de produire, de construire, de devenir soi-même sa propre petite usine à idée. Il faut que ça turbine!

Le clou de la visite se trouve au sixième ou plutôt sur les toits. De là, il est possible de voir à 360°. D'un côté Marchienne-au-Pont et sa vie nocturne et de l'autre Charleroi et ses terrils.

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Le bâtiment étant complètement destiné à la création artistique Serge propose même à ceux qui le souhaitent de participer à une performance artistique. Baptisée "Du pain et de l'eau" le principe est de disposer d'une œuvre d'art représentant une table de restaurant de grand luxe avec juste du pain et de l'eau.

Sans chichi, La Providence offre aux artistes un espace à l'atmosphère unique dans un cadre industriel des plus cohérents.