Déficit de trésorerie, activité en chute libre, absence de perspectives de reprise à court et moyen terme, doutes sur la solvabilité du repreneur qui agit par sociétés interposées : c’est peu de dire que la situation de la SA Vandezande s’annonce très compliquée.

Ce lundi, les parties se sont retrouvées à l’audience du tribunal de l’entreprise de Charleroi pour examiner la continuité de l’activité économique. Dans son rapport, l’administrateur provisoire s’y est montré assez peu favorable. À ce jour, les repreneurs déclarés n’ont toujours ni payé le rachat des actions, ni injecté le moindre euro d’argent frais. Au contraire, selon le front commun CSC-FGTB, des dettes ont été contractées auprès de la SA. Et que dire de la réputation de ce repreneur qui selon le front commun syndical et le ministère public a été impliqué dans une douzaine de faillites et de liquidations judiciaires.

Pour limiter les frais, la PME n’a maintenu en fonction qu’une poignée de ses 29 travailleurs. Les autres sont soit en chômage covid, soit en invalidité ou en maladie. Il faut dire que seuls deux chantiers sont encore ouverts à Malonne et à La Louvière.

Pour sa part, l’avocat de la SA demande la poursuite de l’activité, en contradiction avec la famille qui souhaite une mise en liquidation. Pour préserver les intérêts des travailleurs, la CSC et la FGTB réclament le prononcé de la faillite. "Une mise en liquidation ne ferait que retarder l’échéance", selon le conseil du front commun. "Et le paiement des salaires pourrait être compromis à court terme", redoute le secrétaire de la CSC Bâtiment Marc Moreau.

La récente condamnation de l’entreprise en première instance, dans le cadre du litige qui l’opposait à la copropriété de l’immeuble Vivaldi pour des malfaçons de construction, n’a fait qu’aggraver la situation : le paiement d’indemnités et de frais à hauteur de 385 000 euros porte l’ardoise à un déficit proche de 1,8 million.

Le jugement sera rendu le 17 mai prochain, dans deux semaines.