Le PTB n’est pas tendre avec les responsables de la société de logement.

Pour sa gestion du logement public à Charleroi, le PTB attribue un "zéro pointé" au conseil d’administration de la Sambrienne et à l’équipe de direction. "Deux ans et demi après la création de la structure issue de la fusion des cinq anciennes sociétés immobilières locales, le nombre d’appartements et de maisons inoccupé n’a jamais été aussi important ", selon la conseillère communale Sofie Merckx. "Nous constatons que ce nombre a doublé depuis 2013, ce qui veut dire qu’en moyenne, un logement public est perdu… tous les jours. Une situation socialement et politiquement intenable dans une région où la liste d’attente compte plus de 3.000 familles", complète Germain Mugemangango, qui dit "faire abstraction des 308 logements sacrifiés par la démolition de l’ancien building Apollo. Nous appelons le président de la Sambrienne Hicham Imane (PS), la direction de l’entreprise et le comité d’attribution à se ressaisir."

Pour lui , le coût de cette gestion catastrophique est considérable : "au lieu de générer des loyers, ces biens inoccupés se détériorent alors que des ménages sont mal logés. Si l’on part d’une moyenne de 290 euros de loyer par mois, la non attribution de 1.400 logements représente un manque à gagner de près de 5 millions par an. Ne prenons même que la moitié : c’est une honte quand on connaît l’état des besoins."

Sofie Merckx tire la sonnette d’alarme : "La ville vient de concéder la gestion d’une centaine d’appartements moyens ou à loyer d’équilibre à la Sambrienne. Je constate que six mois après la convention signée pour les appartements de l’îlot Dauphin face à l’hôtel de ville, ceux-ci n’ont toujours pas trouvé preneur. Tant et si bien que le logement public occupé n’est même plus de 5 % à Charleroi !"

Renseignements pris auprès de la Sambrienne, c’est inexact : "60 % de l’îlot Dauphin est attribué", nous dit-on. Germain Mugemangango fait état de deux autres menaces : "d’abord, l’arriéré de loyers. En deux ans, celui-ci a grimpé de 20 % à la Sambrienne, on est passé de 5 à 6 millions d’euros de contentieux. Ensuite, si la société publique doit rembourser les surloyers illégaux à ses locataires disposant d’une chambre supplémentaire, son déficit viendra se creuser de 2,5 millions additionnels. En 2013, Hicham Imane invitait la Région wallonne à prendre exemple sur la Sambrienne pour réduire le taux de logements vides. Si elle s’en était inspirée, il y en aurait plus de 15.000 abandonnés." Ambiance.