Depuis son entrée en vigueur en février 2012, le Code wallon du logement et de l’habitat durable reconnaît la mission d’accompagnement social des sociétés de logement de service public. Cette mission est définie comme l’ensemble des moyens mis en œuvre pour aider les locataires à s’insérer socialement dans leur cadre de vie, à occuper leur bien de manière adéquate, à comprendre et à respecter leurs devoirs.

Il appartient dès lors à chaque société de logement de définir, impulser et mettre en œuvre des actions en lien avec l’accompagnement social via ses référents sociaux. "Le problème, c’est que le décret qui fixe les moyens de financement de ces emplois n’est pas adapté à la réalité", déplore le président de la Sambrienne, Maxime Felon. De fait : le financement est calculé sur base du nombre de biens locatifs en gestion, avec un plafonnement à 5 000. Or, la Sambrienne en gère le double à quelques unités près. "Pour faire face à nos missions, nous n’avons donc eu d’autre choix que de porter de 3 à 7 notre nombre de référents sociaux". Une décision pleinement assumée par le conseil d’administration mais qui a un coût : le directeur administratif et financier Bernard Van Hemmeseel la chiffre entre 140 000 et 160 000 euros par an.

En 2020, les agents sont intervenus dans 464 dossiers liés à la pédagogie de l’habiter, un des trois axes sur lequel s’articule l’accompagnement social. C’est une soixantaine de plus que l’année précédente. La prévention du contentieux locatif et le relogement constituent les autres axes. Dans les cas les plus lourds, l’appui de partenaires extérieurs est requis : 32 familles ont ainsi été accompagnées l’an dernier par des organismes tiers agréés, cela dans des périodes allant de 6 mois à un an.

Une demande d’ajustement budgétaire a été adressée à la société wallonne du logement (SWL) pour compenser le manque à gagner. Felon s’en est par ailleurs confié aux ministres successifs de tutelle.

Dans les mois à venir, la société va se doter d’une cellule de suivi des travaux pour accompagner les familles avant, pendant et après les travaux. Le plan de rénovation 2020-2024 s’élève à 116 millions d’euros et concerne 2 484 logements. "Contrairement à l’option prise précédemment, nous avons décidé de réaliser les travaux en site occupé, sans déplacer les locataires. Ceux-ci seront informés sur la nature des travaux et des équipements, ainsi que sur l’utilisation et l’entretien du matériel."

Bilan des actions mises en place en un an dans la société de logements

Dès le premier confinement, la Sambrienne a été prise de court par l’ampleur de la covid à l’instar de nombreux autres organismes.

"Toutefois, la crise ne nous a pas laissé d’autre choix que celui d’accélérer la mise en œuvre de nos projets numériques", analyse le président Maxime Felon. "A l’époque, nous avons organisé rapidement le télétravail dans les postes compatibles. Nous avons acquis une cinquantaine de PC portables pour en équiper nos agents occupés en distanciel. Mais pour toute une autre série de fonctions, nous avons dû équiper les lieux de travail pour limiter la propagation du coronavirus. Je pense par exemple à nos guichets d’accueil, où nous avons installé des plexis. Il a fallu aussi adapter nos véhicules, à commencer par les utilitaires de notre service technique. La protection sanitaire de notre personnel a été depuis le début un souci permanent. Notre activité ne s’est en effet jamais interrompue, nous avons continué à répondre aux demandes de nos usagers. Dans ce cadre, nous avons fourni à nos travailleurs tout le matériel adhoc : masques, gel hydroalcoolique, etc."

La sécurité des salaires a été garantie : à la Sambrienne, aucun employé n’a en effet été mis à l’arrêt ni perdu des revenus.

"La crise a été aussi l’occasion de se réinventer : un service allo seniors est apparu pendant le premier confinement. Dans ce cadre, 2 452 appels ont été passés à nos aînés", souligne le président.

Des plans d’apurement de dette ont été également élaborés à la demande, quand des locataires de logements à loyer modéré étaient touchés par un licenciement ou une mise au chômage temporaire.