Le housing first ça vous dit quelque chose ? C’est le nom d’un projet pilote pour lequel Charleroi a été l’une des premières villes à transposer sur son territoire. Le principe est très simple. Plutôt que de prioriser le retour de SDF dans leurs droits pour les réinsérer, on commence par les remettre en logement.

En Wallonie, la Sambrienne a été la première société publique d’habitations à s’impliquer dans l’expérience. "À partir de 2013, nous avons mis huit logements à disposition, nombre qui a été doublé en 2019 compte tenu des bons résultats", confie le président de la société Maxime Felon. L’étape suivante, c’est de pouvoir en mobiliser 24. Une ambition politique qui réclame un accord du ministre de tutelle Christophe Collignon. La demande est en cours.

On l’a compris. Le succès de housing first repose sur l’important travail d’accompagnement des bénéficiaires. Le choix se porte sur des candidats éloignés du logement, comptant au moins deux années de vie dans la rue, ou présentant des troubles de santé physique/mentale ou des assuétudes. Ils ne sont pas concentrés sur un site mais au contraire dispersés dans différents quartiers. Leur situation reste confidentielle. "Nous travaillons à leur inclusion locative. L’égalité de traitement leur est acquise." Et ça marche : le taux de loyers impayés est inférieur à la moyenne de la société (environ 20 %).

Certains occupent des biens depuis plusieurs années. Leur stabilisation s’opère sur le long terme : une équipe du Relais social s’en charge, en lien avec les services de la Sambrienne. Cette équipe compte cinq travailleurs pour un total de 3,5 équivalents temps plein : psychologue, assistant social, éducateur, infirmier et capteur logement. Ils interagissent selon les besoins, partagent les informations.

Le succès de l’expérience lui vaut d’être citée fréquemment en exemple. "Des sociétés d’habitations du Hainaut s’y sont intéressées en vue de la transposer dans leurs parcs locatifs", rapporte Maxime Felon. Depuis 2013, 31 locataires différents ont été accueillis, certains ont repris une vie active, 15 sont toujours accompagnés. Un nouveau intégrera le projet dans les semaines à venir.