Neuf pompiers volontaires menacent de porter plainte s’ils n’ont pas leur dû.

La bourgmestre de Chimay est tombée des nues en recevant un courrier de menace de la part de quelques pompiers volontaires, attachés à la caserne locale. La lettre émanait de leur avocat. "Ils menacent de déposer plainte contre la Ville si elle ne verse pas la masse salariale qui n’a pas été payée" , explique Françoise Fassiaux (PS). En clair, ils réclament le paiement à 100 % de leurs heures de garde prestées en caserne avec un effet rétroactif de cinq ans.

Du côté des autorités, c’est l’incompréhension car un important travail de remise à niveau a justement été effectué depuis 2013. "Jusqu’il y a peu, un pompier volontaire était payé à 80 % de la somme fixée par le barème légal lorsqu’il était en formation. Il percevait un peu plus de 50 % du montant légal pour les heures de garde en caserne" , ajoute l’échevin des Finances Tanguy Dardenne (MR).

En 2014, un comité de concertation regroupant les représentants de la commune et des pompiers a été mis en place pour régulariser la situation. Les diverses réunions ont débouché sur une revalorisation du traitement des volontaires. "Dès le 1er juillet 2014, toutes les heures de formation étaient payées à 100 %. Les heures de garde ont suivi à partir du 1er janvier 2015" , ajoute Tanguy Dardenne.

De plus, trois pompiers professionnels ont été nommés pendant que d’autres bénéficiaient d’une promotion en fonction de leur niveau de formation. Trois emplois administratifs ont été transférés de la commune à la zone incendie.

Bref, les autorités locales estiment avoir fait des efforts pour améliorer les conditions de travail des hommes du feu. "Surtout que nos finances sont moins bonnes qu’avant. Ces différentes mesures représentent environ 100.000 € par an pour la Ville" , enchaîne Françoise Fassiaux.

La menace émane de neuf pompiers sur les 57 que compte la caserne. Il s’agit certes d’une minorité mais la commune espère calmer les tensions rapidement. Elle peut d’ailleurs compter sur le soutien du commandant Yves Demeyer. "Je suis moi-même surpris par cette démarche alors que les relations sont bonnes avec la Ville" , réagit-il.

Un courrier a été envoyé hier aux hommes mécontents pour les rappeler à la raison. "La plainte n’a pas encore été déposée. Nous espérons donc qu’ils feront marche arrière" , souhaite la bourgmestre.