Jusqu’en août 2019, Michele était un tenancier de café heureux et apaisé dans l'exercice de sa fonction. Mais la nuit du 11 au 12 août 2019, cette flamme a disparu à jamais. Michele a tiré un trait sur son rôle de patron et du monde des débits de boisson.

À l’époque, Michele tient un café dans un quartier de Marchienne-au-Pont pollué par des dealers et de nombreux trafics de drogues. "Il y avait des clients qui venaient dans mon établissement pour y planquer des boulettes derrière les machines de jeux ou dans les toilettes. Moi je n’ai jamais voulu ça." Parmi les clients habituels, il y a Youness. À 22 ans, le jeune homme passe le plus clair de son temps à dealer et à dépenser ses bénéfices à la machine de jeux de hasard.

La nuit d’août 2019, Youness joue son argent à l’une des machines. Celui qui semble dicter sa loi dans le café ordonne à l’employée de Michele de fermer sa machine favorite jusqu’à son retour lorsqu'il tombe à court d’argent… Mais la Commission des jeux de hasard (CJH) interdit ce procédé. Michele décide donc de rallumer la machine, ce qui n’est clairement pas du goût du jeune dealer. Une première scène éclate. Selon Michele, Youness a voulu lui lancer un tabouret. Les images de caméra de surveillance démontrent le contraire…

Blessé à la tête et dans sa fierté, Youness quitte l’établissement avant de revenir sur place avec un étui et plusieurs personnes, selon un témoin de la scène. Averti, Michele dégaine un pistolet détenu dans son café et sort à l’extérieur. "Il a tiré deux coups en l’air. Pas en direction de la victime puisque le but était de le faire fuir et d’éviter un éventuel carnage à l’intérieur du café", précise Me Bastianelli, l’avocat de Michele.

Trois armes, dont un pistolet calibre 45, sont découvertes au domicile de l’ex-patron de café lors d’une perquisition. Pour le parquet, Michele doit être condamné à 15 mois de prison. La peine de probation autonome plaidée par la défense satisfait également la substitute Broucke. Jugement le 14 mai prochain.