Charleroi Les collabos étaient venus venger la mort du bourgmestre rexiste de Charleroi.

Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent sur les plages de Normandie. En Belgique, les tensions entre l’occupant allemand, les collaborateurs rexistes et la résistance s’intensifient. Depuis deux ans, les résistants tuent les hommes du mouvement Rex, notamment les bourgmestres de Ransart et de Charleroi, Demaret et Teughels. Par représailles, les "bandits rexistes" organisent des rafles, prenant des otages et les fusillant à vue. En août 1944, alors que les Allemands ont déjà rempilé leurs documents et que la libération se fait sentir, les tensions escaladent encore : Oswald Englebin, nouveau bourgmestre rexiste du Grand Charleroi, est assassiné le 17 août avec sa femme et son fils au bois du Rognac. La poigne allemande s’est affaiblie dans la région, et les rexistes voient rouge.

Sans savoir qui est à l’origine de l’assassinat - on ne le saura jamais -, un commando de 150 rexistes part sillonner la région. Le directeur de Monceau-Fontaine est tué alors qu’il tente de fuir. Un agent d’affaires de Chimay est à son tour assassiné dans les locaux de la police judiciaire de Charleroi, incendiés immédiatement après. La rage ne s’arrête pas là : la famille Bousman est assassinée le 17 au soir, trois autres victimes trouvent la mort dans la nuit du 17 au 18 août. Les maisons sont systématiquement incendiées après leur passage.

Vingt-et-une personnes sont arrêtées cette nuit-là, et emmenées à Courcelles, dans une maison réquisitionnée proche du lieu de l’attentat contre Englebin. Ce sont toutes des personnes symboliques de la région : policiers, médecins, architectes, hommes de loi, et le curé doyen de Charleroi. Ils étaient une centaine sur la liste, préparée de longue date par des collaborateurs du coin, mais beaucoup avaient déjà pris la fuite.

À six heures du matin, les hommes de Degrelle font sortir les otages, un à un, après les avoir violentés une bonne partie de la nuit. Sur le perron de la maison, ils sont froidement abattus d’une balle dans la tête. Au total, 27 personnes sont mortes lors de cette nuit funeste.

En 1947, après la libération, 80 rexistes sont arrêtés et, pour beaucoup, condamnés à mort par fusillade dans la caserne de gendarmerie de Charleroi. Ce dimanche, 75 ans après, les autorités de Courcelles iront en cortège de la Maison de la laïcité au monument rue des Martyrs, pour une cérémonie d’hommage qui se tiendra à 10h30.