Une roue de secours a pris place en vitrine du local de Vie Féminine à Charleroi. "C’est une référence au slogan de notre campagne en vue du 8 mars", sourit la secrétaire fédérale Christiane Houthoofdt. "Marre d’être les roues de secours de l’Etat ! Toutes en grève !" Les actions ont déjà commencé cette semaine, elles vont se poursuivre jusqu’à lundi, journée internationale des droits des femmes. A Charleroi, Fleurus, Erquelinnes et Momignies, les militantes informent et mobilisent. "La banalisation des injustices et violences qui nous sont faites, ça suffit."

Par bulles de quatre, des volontaires vont à la rencontre des passantes dans l’espace public carolo. Charlène, Jessy, Nawel et Charlotte engagent la conversation : comment avez-vous vécu la crise jusqu’ici ? De quoi avez-vous le plus souffert ? "Nous récoltons des témoignages", dit Jessy. "Beaucoup de femmes se plaignent de la charge mentale : en confinement, il faut vivre 24h sur 24 avec les enfants et le conjoint, parfois les uns sur les autres, ce n’est pas simple !" Certaines ont perdu leur emploi et une partie de leurs revenus, d’autres travaillent en première ligne et ont peur de ramener le virus à la maison. Dans tous les cas, il y a des souffrances. C’est évident : la pandémie a fait plus de perdantes que de perdants. Il faut le dénoncer, martèle la responsable adjointe du mouvement Fatima Ben Moulay.

Si les femmes dénoncent la maltraitance institutionnelle dont elles sont les victimes, cinq revendications s’inscrivent en filigrane des actions de terrain : la question du soin aux autres, les inégalités que favorise la sécurité sociale, le manque de moyens dans les politiques de lutte contre les violences, la régularisation et l’accès au système de santé pour tous les sans papiers et enfin la mise en place de vraies politiques féministes et antiracistes. Vie Féminine met le paquet : rencontres citoyennes, interviews filmées, collages, chorales militantes, actions locales, et bien sûr participation aux manifestations prévues dans le cadre des "femmes de mars", ce lundi sur les places Buisset et Verte à la ville basse.