On n’a pas eu tellement de modifications", note la présidente du tribunal Monique Levecque. "On a obtenu du personnel d’accueil qu’on n’avait pas - on aimerait bien le garder après la crise - et on a limité l’accès dans la mesure du possible aux gens qui étaient vraiment concernés. Par exemple, au tribunal de la famille, les gens venaient souvent en groupe, on a essayé de limiter. On a utilisé la vidéoconférence pour les réunions internes, aussi, ce qui a fait gagner pas mal de temps."

En revanche, au niveau du télétravail, peu de choses ont changé. "Puisqu’on doit entendre et juger des gens, c’est assez peu télétravaillable. Il y a eu quelques audiences en visioconférence mais ça n’est pas pareil, ça ne donne pas bien : tout le monde n’a pas accès à la technologie, donc à part en matière fiscale, personne n’est demandeur, en fait." L’autre difficulté, c’est que la justice est en retard au niveau de l’informatisation : "On n’a pas de portables pour le personnel administratif, on utilise plusieurs logiciels différents mis à disposition par le ministère, et les dossiers sont peu informatisés. Sur le Hainaut, on scanne tout, mais ce n’est pas le cas partout et il n’y a pas de plateforme prévue pour, malgré les promesses de la ministre Turtelboom à l’époque. Il faudrait investir massivement, en attendant on fait avec ce qu’on a à notre disposition…"

Au début de la crise, Monique Levecque se rappelle que rien n’était prêt : "On n’avait pas de gel, pas de masques, rien… j’ai dû moi-même aller chercher avec mon argent du Dettol pour les femmes de ménage. Mais on a tenu bon." Finalement, l’année Covid se termine sur un peu moins de décisions de justice qu’en 2019, mais pas beaucoup moins. Monique Levecque tenait à le souligner, "c’est grâce au personnel qui est courageux et qui est venu, a fait ce qu’il fallait pour que ça tourne."

Pour 2021, la présidente a prévu de "maintenir toutes les audiences, mais limiter le nombre de personnes dans les palais de justice, dispenser de comparaître quand c’est possible." Un test sera également lancé pour mettre les copies de greffe gratuitement à disposition par e-mail, pour les avocats.