Charleroi Ca y est, le départ de Philippe Stratsaert, chef de corps (le "boss") depuis 2008 à la police locale de Charleroi, est acté. Le Roi a signé l'arrêté royal, qui sera publié cette semaine au moniteur belge.


Sa candidature pour devenir chef de corps de la Zone de Police (ZP) LERMES (Lobbes, Erquelinnes, Merbes-le-Château, Estinne) a également été retenue: pour prendre sa fonction là-bas, il devra prêter serment devant les conseillers de police. Aucune date n'est annoncée officiellement, mais les bourgmestres de la zone essayent de conjuguer leurs agendas pour qu'il puisse être opérationnel au 1er avril - et ce n'est pas une blague.


Philippe Stratsaert, arrivé à Charleroi en septembre 2003, est devenu chef de corps "faisant fonction" durant les affaires, en juin 2008, puis il a été nommé. Il n'a pas souhaité renouveler son mandat de 5 ans, et est redevenu "faisant fonction" en décembre 2018, il y a trois mois, avant d'aller rejoindre LERMES. Nous l'avons rencontré, avec le porte-parole de la Zone de Police David Quinaux, pour faire le bilan et discuter des zones de police locale (Charleroi et LERMES).


Qu'est-ce qui a changé à la Police de Charleroi, en 10 ans?

"Ca a beaucoup changé depuis 2008. Pour les conditions de travail et le matériel, plus rien n'est pareil. Quand je suis arrivé, on n'avait jamais d'encre, du mal à faire les pleins, des locaux qui tombaient en ruine. Il suffit de regarder les titres de la presse à ce moment-là, ça n'allait pas. Aujourd'hui ça va beaucoup mieux, même s'il reste des trucs qui ne vont pas, comme l'informatique par exemple, un gros point difficile pour les agents parce que notre matériel et nos logiciels sont vieillissants. Ce qui n'a pas changé, par contre, c'est les critiques sur les effectifs. Il manquait 100 à 120 personnes il y a 10 ans, il en manque toujours autant aujourd'hui."


On le voit pourtant au conseil communal, il y a des "échecs de recrutement" à la chaîne, tous les mois.

"Vous avez bien résumé. C'est la conséquence de plusieurs facteurs. Il y a d'abord des décisions, notamment les efforts budgétaires qu'on nous a demandé. Pendant des années, il a fallu limiter le nombre de policiers, parce qu'on n'avait pas l'argent pour les payer. Il y a eu une décision de revenir à Charleroi à la norme minimale, et de recruter 100 agents à peu près. Sauf qu'on n'arrive pas à les recruter. Et il ne faut pas être bien malin pour analyser d'où vient le problème : il y a 1.400 policiers qui sortent des académies chaque année, pour tout le pays. Ca ne suffit même pas à remplacer les départs à la retraite, alors réussir à augmenter le cadre, dans une grande ville comme Charleroi en plus, ce n'est pas possible. Et ce n'est pas un problème de [...]