L’OSH constate néanmoins une diminution du taux de mortalité causé par le cancer.

À l’occasion de la journée mondiale consacrée à la lutte contre le cancer (4 février), l’Observatoire de la santé du Hainaut (OSH) publie quelques chiffres, pour le moins interpellants, concernant le cancer qui, il faut le savoir, représente la 2e cause de mortalité en Hainaut. Sur 100 décès, 29 sont dus aux maladies cardiovasculaires et 23 aux cancers.

Chaque année, le cancer tue un peu plus de 3.500 personnes, uniquement dans le Hainaut. Chez les femmes, 229 décès (par an) dus au cancer sont à déplorer par 100.000 habitants (soit 1.566 pour 2012). Pour les hommes, la situation est d’autant plus interpellante puisque ce taux monte à 305, soit 1.953 décès recensés pour l’année 2012.

Si les campagnes anti-tabac ne manquent pas, le cancer du poumon reste néanmoins le 1er meurtrier dans le Hainaut, puisque 688 hommes en décèdent chaque année.

Les femmes sont, quant à elles, confrontées au cancer du sein qui provoque 309 décès par an. Le 2e cancer le plus souvent recensé chez la femme, comme chez l’homme est le cancer colorectal. Au total, 183 hommes et 210 femmes en décèdent chaque année. Le dépistage systématique est d’ailleurs là aussi vivement recommandé.

Notons que l’OSH observe une diminution du taux de mortalité causé par le cancer, notamment chez l’homme. "En 1987, nous avions comptabilisé un taux de 346 décès par 100.000 habitants masculins", confie Paul Berra, de l’OSH. "En 2012, nous sommes à 304. Pour la population féminine, cela reste relativement stable."

Par ailleurs, l’OSH constate une augmentation des cancers détectés. "Ces données sont à remettre dans leur contexte. C’est en grande partie dû à l’amélioration des technologies. En revanche, nous constatons une tendance à la diminution du taux de mortalité pour le cancer du sein. Cela montre également une nette amélioration des soins, notamment dans le traitement du cancer du sein." Certes, il y a encore du chemin à parcourir pour battre le cancer. Raison de plus pour ne lui laisser aucune chance !

Tabac, alimentation et activité physique : le Hainaut à la traîne…

Une réalité qui touche de manière différente les Hennuyers en fonction de leur statut social

La fréquence du tabagisme est plus élevée dans le Hainaut qu’en Belgique. En 2013, les hommes du Hainaut sont 27,4 % à déclarer fumer quotidiennement pour 21 % de femmes. Une réalité qui touche de manière différente les Hennuyers en fonction de leur statut social. En Wallonie et en Hainaut, les fumeurs quotidiens sont deux fois moins nombreux chez les détenteurs d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou ceux dont les revenus sont les plus élevés.

En ce qui concerne les habitudes alimentaires, selon des chiffres de 2013, la fréquence de consommation quotidienne de fruits en Hainaut (53 %) est proche de celle de la Wallonie (54,1 %), mais inférieure à la moyenne belge (56 %). La consommation quotidienne de légumes est plus fréquente que celle de fruits mais connaît une légère diminution, avec 78 % des Hennuyers qui déclarent manger des légumes tous les jours contre 83 % en 2008. De nouveau, un lien avec le statut social apparaît. Les personnes ayant le niveau d’instruction le plus élevé consomment plus régulièrement des fruits et des légumes que la population moins instruite.

Avec 29,9 % des hommes et 44,4 % des femmes, la proportion de personnes sédentaires est plus élevée en Hainaut qu’en Wallonie et en Belgique. Les inégalités sociales de santé sont ici aussi fort marquées. On observe dans l’enquête de santé 2013 que cette sédentarité est rapportée, tant en Wallonie qu’en Hainaut, deux fois plus souvent dans les populations peu diplômées que celles ayant un diplôme de l’enseignement supérieur. L’Observatoire de la santé du Hainaut a mené une vaste enquête sur la condition physique des jeunes, laquelle montre qu’elle tend à se détériorer, notamment à cause d’une consommation croissante de loisirs passifs.