Ca n’aura échappé à personne : il fait plus propre au centre-ville de Charleroi aujourd’hui qu’il y a un mois. 


C’est lié à la reprise du balayage de rue par l’intercommunale Tibi (ex-ICDI), qui en a profité pour faire passer dans son giron des ouvriers et des outils de la ville. La question se pose : grosse opération pour marquer la transition, ou début d’un centre-ville qui va rester propre sur la durée ?

"Il y a toujours autant d’incivilités quotidiennes, 5 % de cochons pollueurs, 95 % de bons citoyens", répond l’échevin Cyprien Devilers (MR), qui a la compétence de la Propreté. "La différence, c’est qu’avec Tibi, il y a une supervision de contremaîtres et de brigadiers toute la journée, avec une organisation beaucoup plus rapide pour intervenir où il y a un problème, et pour faire les changements nécessaires." Il a été dit que cette reprise de la compétence par l’intercommunale était un aveu d’échec pour l’échevin. Il s’en défend : "Pas du tout, cela fait près de cinq ans qu’on négocie avec l’ICDI pour intercommunaliser le balayage en rue. Charleroi est la première commune à y passer, on sera neuf en tout d’ici quelque temps."

Les difficultés que rencontrait la ville pour s’occuper de la propreté du centre, d’après lui, venaient de plusieurs facteurs : "déjà, il faut renforcer la répression, qu’il n’y a plus le sentiment d’impunité qu’il y a aujourd’hui. Il faut montrer du bâton. Au Japon, par exemple, il n’y a pas de poubelles publiques, et pourtant tout est propre : les gens sont consciencieux." Deux : la lourdeur de l’administration. "Quand les ouvriers empilent les sacs des pousse-pousse à un endroit, des gens se servent du tas pour commencer un dépôt clandestin. En deux ans, avec l’administration, rien n’a bougé. En deux mois, avec Tibi, on a pu changer l’emplacement du dépôt des sacs." Le monde syndical donne la même information : "on sent bien que derrière l’intercommunale, il y a une machine de guerre, une volonté de mettre en place des actions, plus facilement qu’à la ville, où ça prend énormément de temps. Ici, le premier jour, les ouvriers avaient leurs habits et leurs outils. Ca change", explique Philippe Barbion de la CGSP.

Même les ouvriers y gagnent : une assurance hospitalisation, qui n’existe plus à la ville. Un contrat en CDI pour de nombreux balayeurs qui étaient en contrat précaire. "Et c’est toujours public, les agents nommés pourront le rester. Il faut voir comment ça évolue, mais les premiers retours sont très positifs", continue le syndicaliste.

Alors si en plus, le centre est propre, il n’y a pas grand-chose d’autre à demander.