Pour le parquet, l'homme qui a comparu ce lundi après-midi devant la 6e chambre du tribunal correctionnel doit être considéré comme un « prédateur sexuel. » À 39 ans, Eric doit répondre d'abus sexuels sur quatre jeunes garçons, désormais des hommes, mais qui étaient beaucoup plus jeunes quand ils ont croisé la route du pervers.

Il y a d'abord eu Jérôme (prénom d'emprunt), un jeune scout qui avait une confiance aveugle envers le cuistot de son camp quand ils sont partis à l'étranger. En 2015, Eric reconnaît avoir pratiqué une fellation au jeune garçon, âgé de 17 ans, alors que ce dernier dormait. Bien avant ce séjour cauchemardesque à plus d'un titre en Europe, Eric a eu des gestes déplacés vis-à-vis de Jérôme quand il venait dormir à son domicile. « On a dormi dans le même lit. Il y a eu des gestes de tendresse, des massages aussi. » Eric conteste par contre avoir touché le sexe de sa victime avant son passage à l'acte au camp de scout.

Le petit frère également victime

Comme si cela ne suffisait pas, Eric a détruit la vie d'une famille entière puisqu'il ne s'est pas contenté de faire du mal à l'aîné. Florent, le cadet de la famille né en 2000, a aussi subi la perversité malsaine du prévenu. Là aussi, la jeune victime évoque des massages intimes alors qu'il séjournait chez Eric.

Un troisième louveteau a également été tripoté par Eric. « Je l'ai masturbé au-dessus de son sac à couchage dans une caravane », confirme le trentenaire. Entre 2006 et 2013, ce dernier a fait une quatrième et dernière victime : un mineur de moins de 16 ans, qu'il gardait lors de sessions de baby-sitting.

161.000 images pédopornographiques

Outre ces abus sexuels, Eric a également été un friand de consultation de fichiers pédopornographiques via le dark web et ses forums. En dix ans, le prévenu a compilé 161.000 images pédopornographiques avant d'être dénoncé par les autorités américaines.

Pour le parquet, qui représente la société, la protection sociale doit absolument être privilégiée pour apprécier la peine à prononcer contre le prévenu. « Peut-être qu'une thérapie pourrait apporter quelque chose. Mais il s'agirait d'une trop sérieuse prise de risque », estime le substitut Bury. Une peine de 7 ans de prison, avec une mise à disposition du TAP, est sollicitée.

Me Sophie Somers, à la défense, plaide elle un sursis probatoire en insistant sur la prise de conscience opérée par son client sur ses déviances. Opération possible notamment après un séjour d'un an en prison. Jugement le 22 mars.