Lors du dernier conseil zonal de sécurité, la Ville de Charleroi, la zone de police locale et le parquet se sont penchés notamment sur la problématique du deal de rue. Ce phénomène continue "d’occasionner des nuisances pour les riverains de Charleroi", notent-ils dans un communiqué. Pour dégager des pistes de travail pour améliorer la situation, ils en ont profité pour analyser les constats.

La police locale de Charleroi a déjà intensifié et "continuera d'intensifier les opérations de contrôle du deal de rue". De fait, on en faisait écho avant l'été, le PSO (peloton sécurisation et ordre public) mène à rythme soutenu des opérations "flash" dans les rues de l'intra-ring, à la ville haute et la ville basse.

Sur 31 opérations en 2020 et 2021, les résultats sont les suivants:

  • 164 arrestations administratives dont 127 personnes en séjour illégal
  • 84 arrestations judiciaires
  • Saisies de 597g de drogue dure, 118 g de drogue douce

"A ceci, on peut ajouter, en 2021, 74 arrestations judiciaires réalisées par la section stupéfiant de la Police Judiciaire locale", ajoute le communiqué.

En parallèle, la police continue, une fois par mois, les opérations "Epervier" pour intensifier la présence policière en rue. Plusieurs composantes de la police (PSO, GSA, poste de proximité du District Centre, brigade canine, sécurité routière et police judiciaire) collaborent. Le 23 septembre dernier, 12 personnes avaient été arrêtées et deux voitures saisies.

On peut aussi épingler la Chambre de Traitement de la Toxicomanie (CTT), créée début 2020 par le parquet et le tribunal de première instance, où des personnes en infraction dans un contexte d'assuétudes (possession de drogue, vols pour s'acheter des stupéfiants, deal pour assurer sa propre consommation, etc.) peuvent être suivies durant près d'un an par un juge. Juge qui décide d'une peine plus clémente si la personne s'est "reprise en main" au terme du suivi, plutôt qu'une peine sans mettre un terme au véritable problème : la consommation de stupéfiants. "Le but est d’intensifier le recours à cette instance qui montre des résultats probants : à la suite d’une quinzaine d’audiences, 29 suivis ont été entrepris dont 19 sont toujours en cours."

Durant le conseil zonal de sécurité, il a aussi été question de la création d'une "salle de shoot", appelée "salle de consommation à moindre risque", qui permettrait d'éviter la consommation en rue et de mettre les personnes dépendantes en lien avec des accompagnants. "La revendication majeure du secteur est l’implémentation d’une salle de consommation à moindre risque. La Ville, le Parquet et la Police ont examiné ensemble des mécanismes entrepris à Liège et à Bruxelles portant sur l’installation de ce type d’infrastructures. La Ville, en partenariat avec le CPAS et les différents acteurs associatifs, mènent actuellement une réflexion sur la création d’une salle mobile. Le projet, innovant mais spécifique, doit encore faire l’objet d’analyses juridique, de faisabilité, etc."