C’est un axe important de la métropole : la rue de la Providence traverse les anciens sites industriels marcinellois et marchiennois pour relier l’intra-ring à la Porte Ouest. C’est donc un endroit clé pour continuer à sensibiliser un maximum de Carolos à la situation actuelle, en matière sociale et syndicale.

Surtout, le lieu choisi est un symbole à plus d’un titre : "La centrale de Total Énergies, c’est évidemment pour évoquer la hausse des prix de l’énergie et des carburants qui ne cesse d’impacter les travailleurs et tous les citoyens déjà précarisés. Mais, Total, c’est aussi l’une de ces entreprises qui continuent à voir ses bénéfices gonfler pendant la crise et qui reversent des dividendes à ses actionnaires tandis que ses salariés ne reçoivent rien en retour. Enfin, c’est aussi un exemple de ces grands groupes qui font leur business sans aucun scrupule envers la guerre en Ukraine", assène Fabrice Eeklaer, pour la CSC.

Concrètement, ce rassemblement, à la suite de celui qui a eu lieu sur le site de l’intercommunale Ores le 22 avril dernier, vise à mobiliser un maximum de personnes et à sensibiliser toutes les citoyennes et tous les citoyens avant la grande manifestation nationale qui aura lieu à Bruxelles, le 21 juin.

"Rien n’a bougé depuis ce 22 avril, épingle Vincent Pestieau, pour la FGTB.Le Gouvernement fédéral maintient son enveloppe d’aide, un one shot de 30 millions €. C’est-à-dire, à peine 2 € par travailleur. Nos calculs sont clairs, il faudrait 30 millions € tous les quinze jours, pour aider durablement. Notre revendication centrale est donc restée la même : il faut totalement revoir la loi de 1996 sur les salaires et à nouveau permettre aux travailleurs et à leurs représentants de pouvoir négocier librement leurs salaires". La réalité des chiffres, face aux inégalités du système, reste évidemment choquante : "Si la loi de 1996 n’est pas modifiée d’ici à la fin juin, les salaires ne bougeront pas, ni en 2023 ni en 2024. Par contre, pendant la crise du Covid, les entreprises du BEL 20 ont engrangé 20 milliards d’euros de bénéfices et les rémunérations des patrons de ces entreprises ont grimpé de 14 % en moyenne", poursuit Vincent Pestieau, qui est rejoint, sur cet aspect interpellant des choses, par Sandra Antenucci, permanente CSC Alimentation&Services : "On sait combien le secteur des titres-services est lourdement impacté. Mais là aussi, ce ne sont que les travailleurs qui paient la crise. Alors que le secteur est financé à 70 % par des subventions publiques, la société Domestic Services vient de distribuer 11 millions € de dividendes à ses actionnaires et le CEO de Tempo Team a vu, entre 2020 et 2021, son salaire augmenter de 50 %".