Céline Tellier, ministre de l'Environnement, avait rencontré les autorités communales concernées, à Charleroi, Courcelles, Châtelet, Aubange, Mons, Engis et Namur en mai dernier. Parce que les broyeurs à métaux sont surveillés de près, localement et au niveau de la région, depuis des années. Elle avait alors annoncé sa volonté de lancer des analyses spécifiques pour les riverains qui habitent à côté d'un broyeur sur les taux de PCB (des polluants organiques persistants et potentiellement cancérigènes) et 8 types de métaux lourds.

C'est chose faite, et un budget d'un million d'euros a été dégagé. Un échantillon représentatif de 50 à 100 volontaires seront recrutés sur chaque site d'ici la fin de l'année pour prélever des échantillons d'urine et de sang, et comparer les résultats aux valeurs de référence en Wallonie.

"Ce biomonitoring doit permettre d'adapter si nécessaire les mesures prises pour limiter l'exposition des riverains aux polluants (les normes belges sont déjà les plus sévères d'Europe, NdlR)", commente la ministre par voie de communiqué. "Ma priorité reste de limiter les émissions de pollution à la source pour protéger la santé des riverains et des travailleurs." Pour rappel, les entreprises de broyage de métaux ont déjà été contraints d'installer de nouveaux filtres pour respecter les nouvelles normes.

A Courcelles, la bourgmestre avait fait fermer le broyeur de Courcelles en avril dernier à cause d'une explosion qui avait fait trembler les environs et fissuré les murs d'une école communale proche. A Aubange, quelques jours plus tôt, les autorités avaient fait brider le broyeur à cause de ses rejets excessifs de PCB. Et à Obourg (Mons), l'AFSCA avait repéré la présence de PCB dans les aliments pour le bétail issus de deux exploitations agricoles proches du broyeur.

"L’exposition de la population à ces polluants a été jugée sans danger immédiat pour la santé", précise tout de même le gouvernement wallon dans son communiqué, mais des recommandations ont été émises, particulièrement pour les enfants, afin de limiter le risque d'exposition chronique.