En séance plénière du parlement wallon, le ministre des Pouvoirs Locaux Christophe Collignon, a annoncé qu'il envoyait une "task-force" multidisciplinaire à Anderlues.

En conflit depuis de longs mois, la politique locale à Anderlues a fini par arriver à l'état de fait suivant : la bourgmestre mène une équipe de socialistes minoritaires, quatre élus socialistes - dont trois échevins - ont publiquement désavoué leur bourgmestre (à la fois Philippe Tison qui a fini par démissionner que Virginie Gonzalez qui a repris le poste l'année dernière) et se sont ralliés, dans les faits, à l'opposition AJC (un cartel CDH-MR-Ecolo) qui fait bloc depuis les bancs de l'opposition. La situation, plus que tendue politiquement puisque les uns et les autres n'hésitent pas à se tirer dans les pattes - et tous les coups sont permis, a fini par toucher l'administration : des agents sont en grève, pour protester contre l'absence de leadership. Même les grades légaux supérieurs de la commune sont en arrêt, ce qui paralyse finalement toute la commune. Et chaque clan politique dit que c'est la faute de l'autre.

Cette task-force, décidée par le ministre Collignon, aura pour mission de suppléer aux manquements en instaurant un directeur général et un directeur financier temporaire, de rétablir un cadre et donner une méthode pour le fonctionnement de l'administration (cadres, employés, ouvriers), du conseil (élus communaux) et du collège (bourgmestre et échevins). L'objectif est de faire revenir le personnel qui est aujourd'hui en grève ou en maladie, et de rétablir un dialogue social.

Du côté de la bourgmestre socialiste Virginie Gonzalez, c'est une excellente nouvelle. "J'espère que ça se fera dans les plus brefs délais, parce que le blocage administratif est total. Je suis soulagée d'avoir été enfin entendue par le gouvernement, la situation va maintenant pouvoir se normaliser au plus vite, pour le personnel communal et pour le citoyen qui est pris en otage." Ironiquement, le constat est le même au sein du clan PS de Rudy Zanola, composé de trois échevins qui n'arrivent plus à travailler avec Virginie Gonzalez: "Cette annonce est une bonne nouvelle, on a dénoncé plusieurs fois la situation au ministre, on n'avait rien vu venir jusqu'à présent. Qu'ils envoient une équipe pour que la commune puisse avancer, et remplir ses missions. Il est plus que temps. La parodie actuelle n'est plus possible." La nouvelle est bonne jusque dans l'opposition AJC, accusée de tous les maux. Patricia Bouillon nous dit de son côté: "notre visite improvisée au cabinet du ministre la semaine passée a porté ses fruits, visiblement. On est très heureux que ça aboutisse sur l'envoi d'une équipe, parce qu'on en est demandeur : c'est essentiel pour les Anderlusiens qui veulent voir leur commune vivre, être agréable, accueillir des activités. C'est tout ce qu'on demande. La situation est saoûlante pour nous comme elle l'est probablement pour les autres groupes, il n'y a plus de dialogue possible actuellement."

C'est peut-être bien la première fois depuis belle lurette que tout le monde est d'accord sur une chose à Anderlues.