Charleroi Carmelo Forgione, passionné depuis tout petit d’arts martiaux, nous en dit plus sur sa passion.

Chez nous, on connaît bien la boxe anglaise (les poings), la boxe française (les poings et les pieds), mais on connaît moins le Muay Thaï, la boxe thaïlandaise. "Ça me passionne, parce que c’est un sport complet, tout est autorisé ou presque : pieds, poings, genoux, coudes, projections… Je ne vais pas dire que c’est violent, même s’il faut s’entraîner à encaisser les coups et à savoir en donner", note Carmelo Forgione.

Ce Couilletois de bientôt 57 ans pratique les arts martiaux depuis qu’il en a seize. "J’ai fait 16 ans de karaté, à travers toute l’Europe, mais j’ai voulu un sport qui touche plus, qui ne rigole pas, qui frappe partout. J’ai fait du full-contact et du kick boxing, mais j’ai fini par me mettre au Muay Thaï à 44 ans. J’ai eu la chance de pouvoir beaucoup voyager dans ma vie, et j’ai donc pu m’entraîner un peu partout dans le monde, parfois avec des très grands noms, notamment en Asie et en Thaïlande."

Il faut écrire que là-bas, les enfants sont mis sur un ring pour rapporter de l’argent aux parents. En Birmanie, il y a des combats clandestins, sans gants ni protections, qui mènent parfois à la mort. "C’est dans leur culture, ici même les pros ne peuvent pas avoir beaucoup d’argent, mais là-bas, ça tourne beaucoup autour de ce sport. Cela dit, ça revient de plus en plus à la mode chez nous. Moi, j’adore, parce qu’il y a un respect de l’adversaire assez incroyable : oui, on doit lui casser la figure et le mettre KO, mais après un combat, souvent les participants tombent dans les bras l’un de l’autre."

Depuis des années, Carmelo forme aussi des jeunes à partir de 8 ou 9 ans - et moins jeunes, un de ses élèves a 42 ans - au Muay Thaï. Il a décidé de lancer son ASBL "Diamond’s Carmelo Team Boxing" cet été, en août, et donne cours à Auvelais. "J’ai déjà eu des remerciements de parents, qui me disaient que ça avait changé leur gamin. Ça demande de la discipline et des entraînements incessants. Même moi à mon âge, je m’entraîne encore deux fois par jour. Et donc, ça canalise la violence, ou les énervements. Quand on sort d’un combat ou d’un entraînement, la haine sort totalement, et tous les soucis s’envolent."

Sa grande fierté, c’est d’envoyer ses six premiers combattants, en catégorie "débutant", sur le ring lors du gala au Magnum, à Wasmes, le 5 octobre prochain. "Mais j’ai aussi des gens qui viennent suivre les cours parce qu’ils veulent perdre du poids, ou être mieux dans leur peau. Je ne juge pas, ce qui compte avant tout, dans la vie comme dans les arts martiaux, c’est le respect de l’autre."