En Wallonie, pourtant jadis terre de charbonnages, les musées consacrés à la mine ne sont pas légion. Fontaine-l’Évêque, où le dernier charbonnage en activité était celui du Pétria, fermé dans les années 70, a ce privilège. Ou plutôt avait. Car en raison de gros problèmes d’infiltration d’eau dans la galerie reconstituée qui abritait son riche patrimoine minier, celui-ci se détériorait de façon inquiétante. Et comme les finances communales ne permettaient pas d’envisager une réhabilitation, le musée était fermé depuis plus de quinze ans sans espoir de réouverture.

La solution, pour sauver ces témoins irremplaçables, viendra du Bois du Cazier, site minier exceptionnel s’il en est, classé au Patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Initialement, le charbonnage martyre n’avait pas vocation de musée, mais les choses ont évolué. Et les pièces du musée fontainois sont accueillies à bras ouverts par le site marcinellois.

Une convention a été signée entre la Ville de Fontaine-l’Évêque et l’ASBL Le Bois du Cazier afin de sauvegarder la collection qui reste propriété de Fontaine-l’Évêque. "L’inventaire des pièces a été réalisé par le CHAF, le Cercle d’histoire et d’archéologie de Fontaine, explique Philippe D’Hollander, échevin des Finances. 90 % des collections seront confiées au Cazier. Le reste devrait être accessible au public parallèlement à notre gazomètre, parmi les plus anciens d’Europe."

Vendredi, les pièces de la collection fontainoise les plus lourdes, autrefois utilisées au fond de la mine, ont été transférées au Bois du Cazier. Parmi elles, un jumbo, une chargeuse pelleteuse, un chariot, un wagonnet L. Carton, un treuil, un bélier ou encore un panzer, sorte de bac à secousses avec bande transporteuse. "Du matériel qui n’est pas présent au Cazier", commente Jean-Louis Delaet, le directeur. Qui ajoute : "Parmi le petit matériel, il y a quelques pièces très intéressantes, rarissimes. Comme des masques respiratoires Dräger en laiton qui étaient utilisés au pays de Charleroi."

Le matériel lourd a déjà été placé à l’endroit prévu, le long de la recette et des deux chevalements. Les éléments, qui seront disposés en extérieur selon un ordre logique techniquement, seront par la suite nettoyés, sablés, traités, protégés, et mis en valeur sur un socle en béton avec des explications. "Et la mention de leur provenance, Fontaine", insiste Philippe D’Hollander.

À l’exception d’une locomotive de fond de 5,5 tonnes, qui ne sera acheminée que lundi, ce matériel pondéreux est d’ores et déjà visible. L’exposition définitive sera finalisée dans le courant de cette année 2022, qui sera celle d’un triple anniversaire pour le Bois du Cazier : les 200 ans de l’octroi de la concession minière, les 20 ans de son ouverture au public et les 10 ans de son inscription au Patrimoine de l’Unesco.