Le mouvement des Gilets jaunes a créé la zizanie dans toute la Wallonie en fin d’année 2018. Plusieurs milliers de personnes ont débarqué dans la rue pour exprimer leur mécontentement en bloquant des routes et autoroutes. Les Gilets jaunes se sont également heurtés à la police lors de violents affrontements. À l’époque, la justice souhaitait appliquer la « tolérance zéro » contre ces fauteurs de troubles en les poursuivant devant le tribunal correctionnel.

Ce vendredi, c’est un trio qui se retrouve donc devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour une entrave méchante à la circulation et pour le port d’un cric pouvant servir d’arme. Jérôme M., Grégory (absent et jugé par défaut) et Jérôme J. ont été interceptés par la police à Seneffe le 11 décembre 2018 alors qu’ils se rendaient vers le site de Feluy, endroit prisé par les Gilets jaunes pour les actions de blocage.

À l’intérieur du véhicule conduit par Jérôme M., les policiers découvrent des pneus, un bidon d’essence de 5 litres, des cagoules, des gants et un cric. Les deux Jérôme reconnaissent avoir été membres des Gilets jaunes. Ces derniers se rendaient fréquemment sur des lieux de rassemblement. Ce soir-là, ils comptaient se rendre à Feluy, mais pas pour « casser du flic » ou bloquer les routes. « On voulait simplement mettre les pneus en feu sur le bord de la route et manifester. »

Quasiment deux ans après cette période de protestation, le substitut Bury souhaite plus que tout apaiser les tensions et tirer un trait définitif sur le passé. Toutefois, le comportement des trois prévenus doit être sanctionné. Une mesure de faveur comme une peine de travail est requise contre le trio. « Il faut surtout passer un gros savon avec une mise en garde. On peut manifester, mais il y a des limites à ne pas franchir. » Jugement le 8 janvier 2021.