La liste des préventions est longue mais entièrement contestée par Pino et Maria.

Entre Pino et Maria et leur voisine Isabelle, c’est la guerre des tranchées depuis 2012. À qui la faute ? Pour l’heure, seul le couple est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Harcèlement, menaces, coups, destruction de biens mobiliers, utilisation d’une caméra de surveillance violant la vie privée de la victime : la liste des préventions est longue… mais entièrement contestée par Pino et Maria.

Les premières plaintes d’Isabelle visaient manifestement les "concertos" de piano joués par la fille de ses voisins. "Oui, c’est vrai, notre fille est au conservatoire et elle devait s’exercer 2 à 5 heures par jour. Mais ce n’était pas une provocation", s’est défendu Pino.

Mais selon Isabelle, le harcèlement ne s’est pas limité à quelques notes de musique. Selon elle, le couple stationnait sa voiture devant son allée juste avant qu’elle n’arrive et l’enlevait aussitôt qu’elle quittait sa maison. Des faits corroborés par des témoins et la police…

Pino aurait aussi dirigé un puissant spot halogène vers son domicile, craché sur sa voiture, poussé la musique à fond pour l’embêter, utilisé un spray pour l’aveugler, on en passe et des meilleures… "C’est le larron qui crie au voleur", s’est révolté Pino. "C’est l’inverse qui se passe. Elle a la ferme intention de nous chasser de chez nous alors que nous habitons là depuis 20 ans et qu’avant son arrivée, il n’y avait jamais eu de problème. D’ailleurs, c’était sa grand-mère qui vivait là. Elle ne s’est jamais plainte."

Me Hottelet, conseil d’Isabelle, estime que l’enquête, diligentée suite à une plainte devant le juge d’instruction, démontre un harcèlement sur plusieurs années. "Il ne comprend pas qu’ils pourrissent la vie du quartier", a clamé l’avocat. "Les plaintes que le couple a déposées ont abouti à un non-lieu. Pas celles de ma cliente. Et la situation ne s’est pas améliorée. Or, on sait que ce genre d’histoires finit parfois devant la cour d’assises."

Même son de cloche du côté du parquet : Pino et Maria doivent être condamnés et pas question d’une suspension du prononcé, puisqu’ils ne reconnaissent pas leurs torts. "Il ne faut pourtant pas croire que tout est blanc d’un côté, noir de l’autre", a plaidé Me Knoops, conseil du couple. "On est vraiment dans un bac à sable où les comportements maladroits de l’un sont interprétés comme une provocation par les autres. Et de ce côté-là, la partie civile fait preuve d’une certaine paranoïa, alors que si on se parlait, si chacun faisait des efforts, ce dossier n’existerait pas."

Le tribunal, lui, a tranché : Pino et Maria sont bel et bien coupables. Et ils écopent de 12 et 6 mois de prison avec sursis.