"Je t'aime maman", marqué sur le ballon porté par la fille d'Aurélie Montchery. " À ma marraine", dit un autre tenu par un petit garçon haut comme trois pommes non loin d'elle.


"Pour ma sœur que j'aime plus que tout, je ne t'oublierai jamais", "pour ma tatie", "à ma belle-sœur adorée", "pour ma fille que j'aime plus que tout", "à ma colombe, ta maman de cœur", "à ma cousine", ... Une soixantaine de personnes se sont donné rendez-vous samedi à Montignies-sur-Sambre pour un dernier hommage à Aurélie Montchery, 31 ans, tuée par son ex-conjoint Sébastien De Leenheer le 1er novembre dernier.

Sébastien a arraché une mère à ses enfants. Une fille à sa mère. Une sœur, une amie, une tante, une nièce, une cousine, une collègue. Une femme. Tous ces mots gravés à l'encre indélébile sur des ballons, et dans le cœur de ses proches. Parce qu'une fois l'horreur passée, il ne reste que les souvenirs, et le manque. "On ne t'oubliera pas", promettent les messagers blancs, partis rejoindre le ciel et Aurélie.

© Des roses pour Aurélie, sur le pas de sa porte - van Kasteel

Une marche blanche était organisée par la famille, de la place à la maison d'Aurélie. Chaque membre du cortège portait une rose blanche à déposer sur le pas de la porte de la maison familiale, à quelques encablures de la place Albert Ier. En souvenir, et en hommage.

La dignité, l'amour et la tristesse ont répondu à la violence et l'horreur, ce samedi dans les rues carolos. Un silence de recueillement, quelques larmes, un dernier baiser d'une mère. Tout est dit: pas un mot, ou presque, n'a été prononcé.

© Une soixantaine de personnes formaient le cortège d'hommage - van Kasteel

Depuis le drame, les deux enfants d'Aurélie ont été pris en charge par leur père. Le meurtrier, lui, est dans une cellule en attendant son procès pour assassinat. Pincé le lendemain de la découverte de la dépouille d'Aurélie, criblée de coups de brique et de couteau, Sébastien De Leenheer est vite passé aux aveux. Il a vu rouge lorsqu'il a croisé Aurélie, il la soupçonnait de voir un autre homme, et s'est déchaîné. Devant le juge d'instruction, il a contesté avoir calculé son coup.

Mais la justice pourrait bien retenir la préméditation. Parce que Sébastien venait à peine de sortir de prison : Aurélie avait porté plainte contre lui, quelques semaines plus tôt, pour des coups et blessures. Libéré sous conditions, notamment celle de ne pas approcher son ex, il ne lui a fallu qu'une semaine pour la croiser et la tuer sauvagement, avant de planquer son corps dans le coffre d'une voiture et de prendre la fuite.

© Un dernier hommage - van Kasteel