Ce lundi, le conseil communal de Charleroi a adopté en urgence un nouveau règlement.

C’est une nouvelle étape dans la réforme de l’organisation des activités ambulantes sur le domaine public. Ce lundi, le conseil communal de Charleroi a adopté en urgence un nouveau règlement qui améliore les conditions de travail des maraîchers tout en protégeant mieux les consommateurs.

Parmi les changements, il y a d’abord la suppression du marché-brocante du vendredi dans le quartier de la Broucheterre à Charleroi nord, pour des raisons de salubrité publique. "Chaque semaine, les services de propreté y enlèvent des déchets" , indique l’échevin du Commerce, Philippe Van Cauwenberghe (PS). "Le coût de l’opération s’élève à 18.000 euros par an. Nous avons décidé de stopper les frais dès janvier. Si un organisateur privé souhaite poursuivre l’expérience, il va devoir en introduire la demande. Le nettoyage des lieux lui incombera."

Deuxième disposition : l’affichage obligatoire des informations économiques liées à l’activité (nom, numéro d’entreprise, TVA, etc). "Nous nous mettons là en conformité avec la législation fédérale."

Idem pour ce qui est de la vente des animaux vivants. C’est ici le cabinet de l’échevin du Bien-être animal Cyprien Devilers (MR) qui a travaillé à ce dossier. "Primo, nous avons établi la liste des animaux autorisés, en accord avec le vétérinaire communal Pierre Coppens", explique Cyprien Devilers.

"L’activité ne sera permise que sur le marché dominical et pour autant que les conditions météo ne soient pas excessives. Pratiquement, l’exposition et la vente d’octodons, écureuils de Corée, hamsters nains, chiens de prairie mustélidés (furets) est formellement interdite. Ensuite, le commerçant devra délivrer un certificat de garantie, c’est-à-dire un bon de livraison Afsca pour chacune de ses ventes."

Une autre modification porte sur l’accès aux emplacements publics en voirie : celui-ci sera réservé aux abonnés, pour autant qu’ils se soient acquittés de l’entièreté du montant de leurs locations.

À titre indicatif , les marchés génèrent une recette annuelle de 627.000 euros : 327 ambulants sont abonnés au marché dominical, et 187 aux autres, précise Philippe Van Cau.

Quatrième point important : le renforcement de la sécurité avec le doublement des effectifs de police et la présence de militaires le dimanche. "Nous avons porté de deux à quatre le nombre d’équipes de police présentes sur place de 6 à 14 h, avec deux patrouilles de trois militaires", poursuit l’échevin. Enfin, des règles plus contraignantes viennent régir la vente de boissons.

Le marchand ne pourra, en aucun cas, transformer son stand, à la base dit "ambulant", en un stand "fixe" ; à cet effet, aucune table, chaise ou mange debout ne pourront être installés attestant d’une consommation sur place.

La sécurité renforcée toute l’année

Van Cau Jr s’engage à maintenir à terme quatre équipes de police sur les lieux

Président de l’union nationale des ambulants, Yanis Papassarantis en convient : "depuis le début de la mandature, la situation des marchés s’est améliorée à Charleroi."

D’abord, il y a eu une modification du mode de paiement des emplacements : depuis 2013, l’utilisation d’argent liquide est interdite, cela afin de prévenir des risques de fraude et de corruption des agents placiers. Comme le rappelle l’échevin du Commerce, les ambulants doivent prendre un abonnement et le régler par versement bancaire."Pour l’amélioration de leurs conditions de travail, nous avons également remplacé les boîtiers d’alimentation électrique de rue qui étaient hors d’usage", dit-il.

Le président de l’UNDA rappelle que cet investissement a demandé une attente de… six ans. "Nous avons même dû mener une action pour augmenter la pression sur les autorités communales. Notre principale revendication portait sur la sécurisation du marché : présence de groupes d’individus alcoolisés ou sous l’effet de drogues, voitures garées sur les emplacements à l’heure du montage des échoppes, intimidations, violences. Coups de feu même, comme le mois dernier dans le quartier de la place du Manège et de la rue Chavannes. Si un effort est à fournir pour faciliter notre installation le matin vers 6 h, nous nous réjouissons du renforcement des patrouilles de police de 9 à 14 h, avec un appui militaire. Nos clients y sont sensibles et s’en félicitent, il y a moins d’insécurité."

Si la présence de l’armée est liée aux menaces d’attentat, Van Cau Jr s’engage à maintenir à terme quatre équipes de police sur les lieux, au lieu de deux. Selon Yanis Papassarantis, "l’inquiétude de notre secteur porte à présent sur les futurs travaux de rénovation urbaine à la ville haute. Nous ne disposons à ce jour d’aucune information sur le calendrier et l’organisation des chantiers."

On devrait commencer à voir clair dans ce dossier au début de l’année prochaine, lors de la désignation des auteurs de projet…