Charleroi Des lieux d’accueil pour leur permettre de se doucher et se changer.

Avec des températures accablantes de plus de 35 degrés à l’ombre, la rue n’offre pas le meilleur environnement pour affronter la canicule.

L’été s’impose d’ailleurs comme une saison compliquée pour les sans-abri en raison d’une réduction de leur exposition médiatique et de l’intérêt politique qu’ils suscitent en dehors de l’hiver ainsi que de la diminution des moyens d’accompagnement et des action mobilisés sur le terrain. Suppression de lits en abris de nuit, mise en suspens du relogement hivernal, fermeture de l’accueil de soirée, sans compter l’absence de fontaine d’eau potable, de douches et de WC dans l’espace public, contrairement à des villes comme Bruxelles et Namur.

Pour aider les personnes en grande précarité à passer ce cap, l’équipe de coordination du Relais social de Charleroi vient d’éditer ses conseils canicule. "Durant la période estivale, les risques de déshydratation et d’insolation remplacent ceux liés au froid" , observe le coordinateur adjoint du Relais social, Jérémy Wilmot. "Leurs effets menacent particulièrement les consommateurs d’alcool et les toxicomanes, plus vulnérables. De nombreux troubles sont dus à la chaleur : crampes, contractures musculaires, étourdissements, vertiges, état de faiblesse et de fatigue, vomissements, coups de soleil… La note indique comment prévenir ces problèmes de santé. " Un plan reprend les lieux d’accueil de l’urgence sociale et les services qu’ils offrent : WC, douches, ravitaillement en eau, infirmerie, soins des coups de soleil, machine à laver. Comme ces lieux se concentrent dans l’intraring, la mise en application du règlement mendicité, qui favorise la dispersion des mancheurs, complique l’accès aux soins et à l’hygiène dans les autres districts.

Alors qu’une canicule frappe le pays, la question de la distribution d’eau en rue n’a pas encore été éclaircie : l’an dernier, la Ville avait déposé des palettes de bouteilles d’un litre et demi pour le réseau de l’urgence sociale. "Nous n’avons aucune indication sur la manière dont les choses vont s’organiser en 2019" , observe Jérémy Wilmot.

Du 29 mai au 18 juin, 654 personnes ont été hébergées en abris de nuit et 307, refusées en raison d’une sous-capacité. Déforcées par les départs en congé, les équipes de travailleurs sociaux fonctionnent en effectifs réduits, ce qui ne fait que compliquer un peu plus leur tâche, selon Laurent Ciaccia, capteur logement.