Charleroi

La machine du conseil communal peine à démarrer

CHARLEROI Parlons, par politesse, d’un “conseil de transition”, celui de vendredi qu’a présidé avec une inexpérience presque touchante, Françoise Daspremont. Il est vrai que rien ni personne ne l’a aidée dans l’accomplissement d’une tâche dont elle découvre avec émotion les détours et les contours.

L’œil du maître veillait. De son banc de simple conseiller, Paul Magnette est resté attentif au labeur de l’intérimaire, aux côtés du routinier d’avant, Eric Massin, et qu’elle a dû ressentir cette prestation comme un examen subi devant un public heureusement maigrelet.

Questions et interpellations la désarçonnent. L’Ecolo Parmentier s’interroge sur l’avenir de la téléphonie communale ? “J’ai posé la question à mes services, je n’ai pas reçu les éléments de réponse”, avoue tout benoîtement la faisant fonction. Sourires. Xavier Desgain questionne à propos de bâtiments communaux inoccupés ? L’échevin Eric Goffart dit les projets et les problèmes.

D’autorité, Eric Massin, complète : cet homme-là a encore dans ses bagages les soldes de son pouvoir antérieur de bourgmestre temporaire, et il entend bien en faire usage, laisser entendre que s’il dirigeait la séance, les choses iraient autrement, et les éclairages seraient bien plus lumineux. Il y a des réductions d’attributions rudes à supporter.

Le débat part en quenouille, les échanges virent au dialogue et Françoise Daspremont, tout en sourires protocolaires, laisse aller, c’est une valse.

Quand il est question de points à voter en urgence, Luc Parmentier encore, s’insurge : voter sans avoir pu voir les dossiers ? Eric Massin reprend de volée et deux sièges plus loin, Anne-Marie Boeckaert monte au filet, l’intonation agacée, proche de la lippe vengeresse : elle souffre elle aussi, et de manière plus définitive, d’un échevinat mal rentré.

Remous. Brouhaha. Eric Massin déclenche son micro, le ton monte un peu. Suspension de séance. Anne-Marie Boeckaert explique les subtilités du jeu aux nouveaux élus éberlués. Fin de récréation. Paul Magnette ne sourit plus. Il rêve d’aiguillages qui se débloqueraient.



© La Dernière Heure 2012