Il n’y subsiste qu’un bloc de constructions à démolir.


Quand un propriétaire privé ne remplit pas ses obligations et qu’il y va de la sécurité publique, le bourgmestre peut s’y substituer et ordonner ce que l’on appelle des mesures d’office : c’est ce qu’a fait Paul Magnette dans le périmètre de la tour Interbéton à Charleroi où la situation était devenue incontrôlable. L’exécution des travaux de démolition de bâtiments en ruines et d’évacuation des déchets va bientôt entrer dans sa dernière phase, six mois après l’ouverture du chantier.

Dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal, c’est à la demande de la conseillère C + Krystel Ballau que le bourgmestre fait le point sur l’état d’avancement de la procédure et les perspectives immobilières du site.

On le sait : un promoteur israélien porte dans le quartier en bordure immédiate du petit ring et en vis-à-vis du complexe Helios le projet de construire les plus hauts buildings d’appartements de Charleroi : ce sont les River Towers, deux tours jumelles de 27 étages culminant à 100 mètres au-dessus du sol, et totalisant 276 logements. Présenté au forum immobilier de Charleroi en 2015 et 2016, ce projet a été recalé par les fonctionnaires délégué, technique et des implantations commerciales du Service public de Wallonie qui ont refusé de délivrer le permis. Le recours introduit contre cette décision a été déclaré irrecevable par le gouvernement wallon : c’est ce qui a amené le collège communal de la précédente mandature à intenter une action en annulation devant le Conseil d’État.

À ce stade, on attend qu’il rende son arrêt, a indiqué le bourgmestre, ce qui n’empêche pas les acteurs du dossier d’examiner d’autres scénarios d’aménagement pour cette zone de l’entrée du centre-ville.

Compte tenu de problèmes de sécurité, c’est dès l’été dernier que des mesures d’exécution d’office ont été arrêtées : leur mise en œuvre a débuté en début d’année aux frais du propriétaire. Toutes les constructions de l’îlot central situé derrière la tour Interbéton ont été démolies, cette dernière étant maintenue. Pour en empêcher l’accès aux squatteurs, ses entrées ont été murées. Il ne subsiste qu’un bloc à abattre côté Sambre.

L’entreprise Wanty qui a été désignée s’y attellera dans les semaines à venir, annonce le bourgmestre. Ce chantier a pris du retard en raison de la présence de matériaux en asbeste-ciment, contenant de l’amiante, et de la présence d’un poteau d’éclairage public qui doit être évacué.