Charleroi En sport-étude, il faudra trouver le moyen de faire passer les nouvelles matières.


Avec un an de cours généraux supplémentaires comprenant notamment le latin, il sera plus difficile d’entamer des études professionnelles, techniques mais aussi sportives. Les écoles devront faire preuve de persuasion afin d’attirer de nouveaux inscrits alors qu’avant le programme scolaire et les débouchés suffisaient à convaincre les parents d’inscrire leurs enfants dans telle ou telle école.

À la Garenne, la directrice Edwige Abé pense déjà à tout ce qu’elle devra mettre en place pour lancer les nouvelles mesures du pacte d’excellence.

"Nous avons encore beaucoup de questions en suspens pour la mise en pratique. Comme le travail est en train de se terminer, nous n’avons pas encore toutes les réponses, ce qui est parfois déstabilisant pour les enseignants. D’un point de vue pratique, il y a des difficultés qui s’amorcent, en particulier dans les écoles professionnelles et techniques où les élèves commencent leurs sections professionnelles à partir de la 3è secondaire. Quid des enseignants qui donnent cours dans ces sections-là, comment organiser les formations pour la suite ?" Bien que l’on parle d’un cours de latin pour tous jusqu’en 3è secondaire, la directrice reste attentive à la pertinence d’un tel cours et sa nécessité dans certaines filières : "nous devrons mettre en place un cours de latin. Le plus compliqué sera de trouver des enseignants avec les bons diplômes. Nous devrons trouver le moyen d’adapter ces cours aux attentes professionnelles futures des élèves. Je pense à l’horticulture où ce cours pourra être un plus, même si objectivement il peut être profitable à toutes les sections. Il est important de savoir rédiger un devis correct quand on exerce un métier manuel ou de service."

La Garenne offre également une filière sportive qui démarrera un an plus tard : "Même si nous ne sommes pas une école élitiste et que nous voulons permettre à tous de pratiquer un sport, il faut commencer tôt pour atteindre un certain niveau. Si on reporte encore d’un an la possibilité de s’engager dans un sport-étude, c’est trop tard. Je pense à la gymnastique ou encore au football. Si le jeune n’est pas dans les meilleurs déjà vers 15-16 ans, il est difficile de faire carrière."

Pour l’instant, les avis sont donc partagés et se font au cas par cas suivant les écoles et les matières, mais ce qui est clair, c’est que les directions espèrent que les instances prendront le temps de l’analyse et de la concertation avant de poursuivre les réformes.