Ils s'appellent tous les deux Christophe. Le premier est poursuivi au tribunal correctionnel de Charleroi pour vol avec effraction. Si le butin - constitué de 3 ventilateurs - paraît bien maigre, le geste est, quant à lui lourd de conséquences pour le second, commerçant indépendant.

En effet, Christophe (le commerçant) est à bout, déjà cambriolé 15 fois en 42 ans d'activité. Sur les 15 cambriolages, trois ont d'ailleurs été perpétré par Christophe (le prévenu).

Toxicomane et multirécidiviste, le prévenu est déjà bien connu de la justice pour d'autres vols et ne semble pas se calmer malgré ses nombreuses promesses devant le tribunal à chaque fois qu'il comparait. Dans son réquisitoire, le Procureur du Roi a souligné, en élevant le ton, "son égoïsme" et sa faible empathie à l'égard des victimes. "Tout se rapporte à vous ! On entend que moi je, moi je, moi je ! Mais qu'est ce qu'on peut faire de vous !"

La mémoire courte, il reconnaît juste qu'il a bien volé les 3 ventilateurs mais omet de préciser qu'il a d'abord détruit la vitrine du commerce et surtout que l'acte délictueux a été perpétré peu de temps après une énième sortie de prison.

De son côté, Christophe (le commerçant) a tenu à mettre en avant les conséquences de ce nouveau cambriolage. "Je me demande tout le temps ce qui va m'arriver quand mon téléphone sonne. Est-ce que c'est encore un cambriolage ? A chaque fois que cela arrive je n'ai pas d'autre choix que de dormir sur place le temps des travaux de réparation. Je crains pour moi et ma famille. Ce cambriolage est la goutte qui fait déborder le vase, j'ai donc décidé de fermer mon magasin en fin d'année. Suite à toutes les dégradations dont je suis victime, ma compagnie d'assurance me menace de m'exclure définitivement... alors que rien n'est de ma faute !"

Jugement le 7 avril.