Les prévenus, pincés avec fausses moustaches et perruques, nient les faits

CHARLEROI De Sambreville à Marcinelle, en passant par Mont-sur-Marchienne. D’un bureau de poste au Lidl ou au magasin Biocap : le gang des postiches a tout raflé sur son passage entre novembre 2010 et mai 2011. Ces braqueurs, qui ont commis 16 braquages au total, étaient immanquablement déguisés pour pas- ser à l’action : une perruque, une fausse moustache, des lunettes noires, des gants. Bref, difficile de les identifier. Quoique...

Le 21 mai 2011, les forces de l’ordre ont pu intercepter deux suspects, à savoir Daniele P. et Antonio B. Quelques jours plus tôt, les enquêteurs avaient été interpellés par la démarche un peu cowboy d’un passant qui, coïncidence, ressemblait à celle d’un des auteurs filmés par les caméras d’un magasin braqué. C’est ainsi que les policiers ont filé Daniele P. qui, à cette époque, se baladait dans une Jetta volée.

Le 21 mai donc, l’assaut a été donné alors que les deux suspects se trouvaient dans la voiture, garée sur un zoning commercial de Mont-sur-Marchien- ne. Ils portaient tous deux des fausses moustaches et des armes de poing. Une perruque a été retrouvée dans la voiture. Bref, le flagrant délit dans toute sa splendeur ! Sauf que les prévenus, qui ont comparu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Charleroi, nient formellement les faits.

“J’ai trouvé cette voiture quelques jours plus tôt”, raconte Daniele. “Il y avait à l’intérieur tout l’attirail du parfait braqueur. Ça tombait bien : je voulais mener une expédition punitive contre les blédards qui ont vendu de la coke à un ami. Il en est mort.”

Mais du côté du parquet, on n’y croit pas une seconde. “On les surprend en flagrant délit, alors qu’ils allaient commettre un nouveau fait”, lance la substitut Puissant, qui requiert six et sept ans de prison ferme. “Lors des perquisitions, on retrouve des vêtements identifiés sur les vidéosurveillance, ainsi qu’une grenade démilitarisée avec laquelle les au- teurs ont menacé leurs victimes.”

Une partie civile, présente à l’audience, enfonce le clou. “C’est eux, j’en suis sûre. J’étais enceinte quand ils ont braqué la poste. J’ai demandé l’autorisation de m’asseoir mais l’un d’eux a refusé. Je me souviendrai toujours de son regard.” Plaidoiries lundi prochain.



© La Dernière Heure 2012