1.300 tonnes de déchets ont été récoltés sur l'année 2019 par la société de logements publics carolo La Sambrienne. C'est à nouveau un record, on était à 1.200 tonnes l'année d'avant. "J'ai été alerté par le président, Maxime Felon, qui n'en peut plus. Et on sait que les déchets entraînent les déchets, je pense que quand on vit dans un environnement propre, on a plus tendance à le respecter", indique le député socialiste Maxime Hardy. "Ces 1.300 tonnes de déchets représentent un coût de 260.000 euros pour la Sambrienne, coût qui est répercuté sur les charges locatives de l'ensemble des locataires, évidemment", déplore Maxime Felon (PS). 

Le député a donc interpellé la ministre Tellier: parce que les sociétés de logements wallonnes dépendent, aujourd'hui, des agents constatateurs des villes et communes, qui ont leur propres missions et déjà pas mal de pain sur la planche. "C'est logique, les agents de Charleroi ne peuvent pas travailler à 100% pour la Sambrienne, mais il y a donc toujours des endroits qui sont des points noirs", poursuite le président Felon. Un nouveau décret est en préparation pour permettre aux sociétés publiques de recruter leurs propres agents, afin de surveiller d'un côté les dépôts de déchets sauvages, en poursuivant notamment les auteurs s'ils sont identifiés, de l'autre les éventuelles infractions au bien-être animal. Mais aussi leur donner des moyens pour engager ces agents constatateurs.

Sauf que ce décret, eh bien, "il a été mal ficelé. Il aurait dû voir le jour au 1er janvier 2021, mais il est reporté - m'a informé la ministre - à juillet 2022 au plus tard", explique Maxime Hardy. "Ce report est justifié par des manquements dans le texte initial, qui pourraient mettre à mal la poursuite des infractions", a précisé la ministre Tellier. "Le texte tel que rédigé actuellement est malheureusement impraticable juridiquement."

Pour le député carolo, c'est une bonne chose qu'il faille bétonner le texte, pour s'assurer que les agents puissent bien avoir les moyens de poursuivre les auteurs des déchets, mais il faut aussi que ce soit fait le plus rapidement possible. "1.300 tonnes de déchets rien qu'à La Sambrienne, c'est invraisemblable", dit Maxime Hardy. "Il faut pouvoir garantir des logements propres et un environnement salubre, pour améliorer le bien-être des locataires sociaux et de tous les quartiers. Sans parler du bien-être animal, en plus. Je suivrai le dossier en commission avec la ministre Tellier pour avancer au plus vite."

Et Maxime Felon de la Sambrienne ne peut qu'aller dans ce sens: "Sans ces agents constatateurs, on reste dans un cercle vicieux: quand quelqu'un jette un sac noir dans une cité, le lendemain quelqu'un vient poser un canapé, et on est vite à 20 m3 de déchets. C'est ça, pour moi, la catastrophe. Et même si on identifie le pollueur, sans agents constatateurs, on ne peut pas le poursuivre et le coût est répercuté sur tout le monde, même ceux qui font attention. Alors que la propreté peut être un cercle vertueux, justement, parce que si les locataires se sentent bien et sont épanouis, ils font plus attention aux déchets mais aussi au patrimoine, à leur logement, à leur immeuble, etc." En attendant la possibilité de recruter, la Sambrienne compte "avancer aussi loin que possible sur le terrain de l'environnement et la propreté, on peut heureusement compter sur la bonne collaboration des agents de la ville de Charleroi et de Mahmut Dogru, mais ce n'est pas assez pour couvrir l'ensemble de notre territoire." Le président Maxime Felon en appelle au législateur à aller aussi vite que possible pour lui venir en aide.