Le bourgmestre de Charleroi, Paul Magnette (PS), a exposé ses plans pour l'avenir du site du Martinet. Cet espace au passé industriel - qui en porte encore des vestiges par plusieurs bâtiments - est aujourd'hui envahi de verdure sur les deux terrils et les plateaux qui le composent. "J'y ai passé une partie de mon enfance à me balader, c'est un endroit important qui raconte une partie de l'histoire de Charleroi, avec son passé riche et sa réserve naturelle", dit-il.

Par le passé, les bâtiments ont été rendus sains pour être préservés du temps, le temps "de pouvoir s'interroger sur l'utilisation qu'on souhaite pour le site", d'après Magnette. C'est chose faite: renforcer la nature et développer des projets alimentaires. "On a eu beaucoup de propositions pour des motos, des quads et du 4x4, mais ce n'était pas notre vision."

© van Kasteel

Un master plan, un document d'orientation, a donc été réalisé par Charleroi Bouwmeester pour avoir un point de départ. Via la maîtrise d'ouvrage, les riverains seront consultés pour voir leurs attentes et envies dans le cadre général de "nature et alimentation", et l'équipe Alphaville/XM-U s'occuperont de co-construire le projet artisanat/industriel avec les acteurs et futurs acteurs. Durant un an, la consultation et la co-construction sera de mise, avant de passer à l'étape de concrétisation dont il est encore un peu tôt pour parler, signale Paul Magnette: "il faudra probablement coordonner les entreprises et leurs réalisations en fonds propres, la DNF pour les espaces naturels, la Ville de Charleroi et la Région pour les voiries, les connexions au Ravel, etc." Bref, on est dans la philosophie plus que la réalisation pure et dure.

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Concrètement, le master plan prévoit trois volets:

  • Au centre, sur la ligne des bâtiments existants: relocaliser la transformation alimentaire, notamment autour du grain, sur le site du Martinet. Une manufacture de boulangerie, la Manufacture Urbaine et ses bières, etc. avec une économie circulaire et une coopération entre entreprises, pour valoriser les déchets des uns chez les autres, pourquoi pas utiliser le bois coupé du site pour alimenter en énergie l'une ou l'autre machine, etc. "Le zéro carbone est l'objectif". Un point de vente et de dégustations (fromages, pains, bières) pourrait alors intervenir à l'entrée du site, côté chemin de fer et canal.
  • Au sud, sur le plateau: renforcer la culture avec un vignoble participatif, différentes plantations (de houblon ou de grains peut-être?), de la biomasse pour produire de l'énergie et un espace événementiel, avec un système de parkings provisoires utilisés uniquement lors de festivités.
  • Au nord, au niveau des deux terrils: développer la nature et préserver la biodiversité (bois/prairie/lieux humides), inviter à la promenade (la boucle noire y passe déjà), mais aussi développer des projets participatifs à proximité de l'aire de jeux et du verger partagé qui sont déjà implantés.

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"L'intérêt du site, et la raison pour laquelle c'est cette approche alimentaire qui est mise en avant, c'est qu'un pôle se développe sur cette partie de Charleroi avec des complémentarités dans le master plan de Sambre Ouest", note-t-on à Charleroi Bouwmeester. "L'agriculture se fait donc plutôt au nord et sud, sur le territoire de Charleroi Métropole, mais on aimerait attirer les activités de transformation à Charleroi", renchérit Paul Magnette.

Dans un futur proche, vous pourrez peut-être aller vous balader sur un site aménagé, qui laisse une grande place à la nature tout en jouissant de facilités d'accès, peut-être manger un bout de produits du terroirs, voire trouver un boulot dans l'alimentaire sur le site vert du Martinet.

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