Charleroi Pour lancer le Carol’Or, l’ASBL a lancé un financement participatif.

Vous en avez marre que votre argent serve à financer l’achat d’armes à l’autre bout du globe, ou que la spéculation boursière tue l’économie locale et détruise l’emploi de votre voisin de panier ? Ou bien vous aimeriez soutenir les petits commerçants et le circuit court, pour protéger l’environnement ? C’est ce que propose le Carol’Or (CR), la nouvelle monnaie qui sera mise sur le marché du "Grand Charleroi" d’ici les prochaines semaines si tout va bien.

"On veut sortir du cadre spéculatif de l’économie et de la finance", explique Valter Lurlaro pour l’ASBL Carol’Or, qui planche sur le projet depuis près de 3 ans. "Tout ce qui est coté en bourse, comme les supermarchés, ou qui ne soutient par l’économie réelle, mais plutôt les intérêts spéculatifs d’un petit nombre de gens ne sera pas dans notre projet. Ce qu’on veut, c’est restaurer le lien et la confiance entre les producteurs, vendeurs et consommateurs locaux, via le circuit court."

C’est pourquoi l’ASBL lance cette idée de monnaie locale. Par exemple : vous payez une bière chez Livre ou verre à Charleroi, qui payera le Carolopolitan qui lui fournit des croque-monsieur, qui lui-même ira dépenser ses Carol’Or dans une pharmacie locale. Le pharmacien ira voir une pièce de théâtre à l’Ancre, qui payera une partie du salaire de son employé en Carol’Or, qui se retrouveront à nouveau dans la poche de Livre ou verre un vendredi soir de guindaille. "La monnaie doit tourner ! Et vous et moi pourrons acheter des Carol’Or dans des bureaux de change."

Un Carol’Or égale un euro . "Nous voulons en imprimer l’équivalent de 150 000 euros, et ensuite envisager des moyens de paiement numériques également, pourquoi pas avec les autres monnaies locales wallonnes", ajoute Iannis Papageorgiadis.

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Où ira l’argent récolté par l’ASBL en échangeant des euros contre des Carol’Or ? Il sera investi dans un fond garanti d’une banque éthique, Triodos dans ce cas-ci, et l’ASBL aura une vue sur les projets qui seront financés, comme aider un commerçant à rénover son enseigne ou un jeune à acheter un champ pour y planter des légumes. "Les euros serviront à financer des projets éthiques, et le Carol’Or fera tourner l’économie locale, parce qu’Amazon ou un marchand de fraises espagnoles n’acceptera pas cette monnaie. C’est complémentaire à l’euro", continue-t-il. Et c’est safe ? "On a planché sur le dossier avec Financité, et il suffit de voir les autres monnaies locales dans le monde, ou même les 16 qui existent déjà en Belgique."

Envie de vous forcer à acheter local, à soutenir l’économie réelle, l’emploi, et éviter les longs trajets en camion ou bateau via le circuit court, tout en empêchant la spéculation ? Pour sécuriser et imprimer les billets, l’ASBL Carol’Or doit lever 11 000 euros via le crowdfunding, et cherche donc des soutiens (à partir de 10 euros). Quatorze commerçants et lieux culturels de Charleroi et des environs participent déjà, "et 175 autres ont montré un intérêt mais doivent encore examiner la proposition".

Participer ?

Financement participatif et infos :

crowdin.be/projet-crowdfunding/monnaie-carolor