Ce n’est pas tout à fait un jour de marché comme les autres, ce jeudi à 9h, sur la place de la Digue, à Charleroi. À cent mètres du siège de la Funoc, des militants syndicaux et des stagiaires se regroupent, à l’appel du front commun FGTB-CSC et de la Funoc.

"Non, les chômeurs ne sont pas des fraudeurs qui se complaisent dans leur situation. Ce sont avant tout des victimes de la crise." Ce message, les manifestants vont le porter dans chacun des états-majors des partis traditionnels (MR, CDH, PS et Écolo) où des candidats aux élections les attendent. Objectif : les interpeller par rapport aux dispositions sur le contrôle de la disponibilité des chômeurs, la dégressivité des allocations, la limitation dans le temps de l’octroi des revenus d’insertion.

"Un texte a été préparé par nos stagiaires", rapporte Clara, formatrice. "Il dénonce la stigmatisation dont les demandeurs d’emploi font l’objet. Ceux-ci sont loin d’avoir le monopole de la fraude." Comme le clament les lecteurs avant le départ de la manifestation, "il y a aussi des gens malhonnêtes chez les travailleurs, les patrons et les ministres. Comme il n’est pas légitime de penser que tous les politiciens sont des vendus, il est inacceptable de considérer que tous les chômeurs sont des gens qui profitent. Devoir vivre avec 1.000 € par mois n’est pas un cadeau."

"Dans notre région, il y a entre 30 et 40 candidats pour chaque offre d’emploi", renchérit Thierry Verhoeven, un autre formateur de la Funoc. Les chômeurs n’ont donc pas le choix. Patricia en a fait son slogan. "S’il y avait de l’emploi pour tout le monde, on le saurait !"

Comme l’observe Sandra Antenucci, permanente interprofessionnelle à la CSC, "la précédente action était un clip dans lequel des chômeurs témoignaient de leur situation. Nous avons décidé de profiter du scrutin pour organiser des rencontres directes en face à face. Et défendre les droits des plus fragilisés".

Le cortège s’est rendu dans les sièges des quatre partis au pouvoir au fédéral et à la Région wallonne.

"Notre espoir est d’être entendus. Les mesures du gouvernement Di Rupo pénalisent injustement les sans emploi. Nous contestons ces choix politiques", dit la permanente CSC. "Il faut absolument stopper ce rouleau compresseur qui sanctionne, exclut et paupérise. S’attaquer au chômage est une chose. Ne nous trompons pas de cible en visant les chômeurs."