A partir du 19 avril, les voyages non-essentiels seront autorisés. Les métiers de contact pourront reprendre leurs activités dès le 26 avril. Même l’horeca rouvrira les terrasses dès le 8 mai. Mais qu’en est-il de la culture ? En effet, elle a été très peu évoquée lors de la dernière conférence de presse du gouvernement fédéral. Ce dernier secteur est toutefois intégré dans le plan plein air qui entrera également en vigueur le 8 mai. Certains théâtres pourront mettre en place des spectacles qui se joueront à l’extérieur avec une jauge maximale de 50 personnes. Mais cette décision met de côté les salles de cinéma.

Pour Matthieu Bakolas, le directeur du Quai 10 à Charleroi, il ne s’agit pas d’une réouverture. "Nous sommes en colère, car, pour nous, il est impossible de proposer des séances quotidiennes de cinéma en plein air. Ce type de proposition fait partie pour un cinéma d’une communication événementielle. Il peut le faire en « one shot ». Mais il est impossible de transformer nos programmations pour du cinéma en plein air, et cela, pour trois raisons. Premièrement, il faut de l’obscurité. Cela voudrait dire qu’il faudrait abandonner nos séances du jour pour en proposer qu’une seule. Ensuite, nous sommes en Belgique, pas dans le Sud de l’Espagne. Les conditions climatiques à 22h ne sont pas agréables pour regarder un film dehors. Les personnes auront froids. Et enfin, ce n’est pas rentable. Nos tarifs varient entre 6 € et 7 €. Une séance de cinéma avec 50 personnes rapporterait 300 euros mais je devrais payer 5 travailleurs. Avec ce genre d’infrastructure, nous allons plus perdre de l’argent qu’en gagner".

Toujours pour le directeur du Quai 10 à Charleroi, cette décision à montrer qu’il existe un décalage entre les mesures prises par les politiques et la réalité du terrain. "Nous rouvrirons que quand il y aura un plan de déconfinement pour les activités à l’intérieur".

Il faut également noter que les salles de cinéma telles que celles du Quai 10 ont du mal à tenir financièrement "Nous devons continuer à payer toutes les charges fixes. Pour nous aider, nous avons mis nos travailleurs au chômage à 100%. Nous devons plus les payer. Nous recevons également nos subsides. Tout cela nous permet de dégager une petite trésorerie", poursuit Matthieu Bakolas.

Les directeurs des cinémas de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont en train de discuter pour mettre au point une action commune pour faire parler d’eux. " On se préoccupe très peu de nous. Il faut hausser le ton!".