On a fait le point sur le dispositif avec Grégory Souvereyns, directeur opérationnel à l'intercommunale Tibi.


- Dans le quartier du Monument à Charleroi, les conteneurs à verre enterrés sont installés "en test" depuis avril. Où en est ce test?

"On a mis en fonctionnement début avril 24 conteneurs sur 9 sites, à la ville haute, ce qui a impacté à peu près 1000 ménages qui se sont vus transférer de la collecte en porte-à-porte vers ces conteneurs enterrés. Des gens nous l'ont dit, il y a des ménages qui viennent de plus loin pour les utiliser. Pour comparer les chiffres, on a pris l'ensemble de la production 2018 du territoire de Charleroi en porte-à-porte, soit 3.505 tonnes de verre. Cette production est en légère augmentation, autour des 3730 tonnes en 2019 quand on additionne porte-à-porte et les nouveaux conteneurs. C'est une belle réussite puisque le gros enjeu était de savoir si on allait capter autant de verre qu'avant. L'avantage de capter du verre, c'est que 100% recyclable, c'est un déchet qui présente une valeur positive. Plus on en a, plus on peut le valoriser."

- Y a-t-il des avantages ou des inconvénients remarqués pour la population ?

"Une crainte évoquée par les citoyens à l'époque, c'étaient les nuisances. Mais on ne déplore pas de dépôts clandestins autour des conteneurs enterrés, et à notre connaissance, il n'y a pas de nuisances sonores non plus, comme ça peut exister dans des bulles à verre en plein air. Pareil pour le guêpes ou autres bestioles, rien ne nous a été signalé par les habitants ou les ouvriers qui vident les conteneurs. En terme de contrainte pour la population, c'est surtout les travaux de mise en place qui nécessitent des gros préparatifs. Et les conteneurs prennent une place de parking, c'est une concession qui est à faire mais c'est compensé - je pense - par le fait qu'ils peuvent y accéder quand ils veulent pour se débarrasser de leur verre."

- Et pour les levées, les ouvriers sont satisfaits ?

"Les conteneurs sont vidés en moyenne une fois par mois. Pour l'instant, c'est toujours sous-traité. Mais nous avons lancé les marchés publics pour acheter des camions-grues pour lever les conteneurs nous-mêmes. On est en attente de recevoir ces camions. Pour le personnel, c'est moins pénible que le porte-à-porte qui nécessite de soulever des charges à la main. Pour le citoyen aussi c'est moins pénible, quelque part, puisque le camion ne passe qu'une fois par mois, et ne reste pas plusieurs dizaines de minutes dans toute la rue et devant toutes les maisons. Ca fait plus de bruit au moment-même, mais moins longtemps.

- Peut-on s'attendre à voir ce type de conteneurs s'étendre à d'autres quartiers de l'intraring ?

"L'idée c'est vraiment de pas embêter plusieurs fois les riverains, donc vu qu'il y aura une ouverture de voirie avec les travaux de Charleroi DC pour la rénovation de la ville haute, on en profitera pour implanter ces conteneurs par la même occasion. Mais les emplacements précis ne sont pas encore définis, les habitants de chaque quartier seront impliqués dans cette décision. Et les services de la ville, aussi. Parce qu'il faut trouver la place pour enterrer les conteneurs, et définir quels sont les endroits stratégiques."

- Et à la ville basse ou hors intra-ring ?

"Ailleurs qu'à la ville haute, ce n'est pas à l'ordre du jour, non. On se tient à disposition des communes pour étudier ce genre de solution avec elles, parce que ça a un coût, mais il faut aussi voir si ça vient en appui de la collecte en porte-à-porte ou en remplacement. Donc, dans des zone intensément peuplée, ça peut valoir le coût de garder les deux, mais pour d'autres endroits, ça pourrait remplacer. Il y a des communes intéressées, on est en discussion avec elles, mais on n'a pas encore de plan précis d'où ou quand ça pourrait être déployé."