Charleroi

Pour certains, le quota imposé par les poubelles à puce encourage les dépôts clandestins.

Les dépôts clandestins repérés dans la région Châtelet soulèvent non seulement l'indignation des riverains mais aussi celle du responsable de l'intercommunale de récolte des déchets, Tibi.

Suite à ces dépôts, le directeur, Philippe Teller réaffirme son ambition de conscientiser les citoyens sans arriver à une phase de répression pure et dure. Pour comprendre d'où peut venir cette envie de polluer sans aucun scrupule, nous avons ouvert la piste des déchets qui seraient abandonnés par des propriétaires de poubelles à puce dans des communes limitrophes utilisant encore des sacs blancs. Le cas pratique de Châtelet (commune fonctionnant avec des sacs Tibi) il n'y a que Aiseau-Presles qui est passé aux poubelles à puce en 2014. "Si l'envie est de se débarrasser de ses sacs blancs en les portant dans une commune voisine, nous aurions constaté une hausse significative dans ces zones et la moyenne par habitant aurait augmenté à Châtelet. Il n'en est rien. De 2014 à 2018, le poids de déchets par habitant est passé de 210 kg à 191 kg à Châtelet. Pour cette même période à Aiseau-Presles, on est passé 73 kg à 103 kg", explique Philippe Teller.

Le directeur attire également l'attention sur le bilan d'une première année d'utilisation de poubelle à puce : "avec ces poubelles les gens prennent de grandes précautions ne connaissant pas la facture en fin d'année. Généralement on remarque une hausse des déchets récoltés parce que les gens sont souvent surpris de la facture et s'attendaient à plus payer alors il y a un petit relâchement. Par la suite tout se régularise et les gens savent ce que leur coûtera d'augmenter leur quota fixe.Je comprends qu'on puisse avoir l'envie de continuer avec des sacs blancs mais une analyse plus poussée montre que la différences est à peine perceptible."

Avec Farciennes (également commune limitrophe de Châtelet) qui passera le 1er janvier prochain aux poubelles à puce, la crainte d'un phénomène reste moindre. Un accord a été passé. Celui-ci stipule que les farciennois n'auront pas de soucis à se faire quant à leurs sacs blancs car la commune les reprendra le cas échéant.

Sur le terrain, le constat est plus mitigé. L'augmentation de dépôts clandestins et l'amoncellement de sacs blancs dans certaines zones serait dû aux actions irrespectueuses de personnes provenant de communes à poubelles à puce.

Ce sentiment est compris par Philippe Teller qui apporte à cette problématique une autre vision. "Nous ne mesurons pas nos efforts. Plus que jamais la problématique des déchets doit être prise au sérieux. Toutefois, nous sommes confrontés à des abandons dont nous n'arrivons pas à identifier les auteurs. Ce ne doit pas être agréable pour un agent constatateur de passer des heures à chercher, recenser et signaler tous les dépôts alors que les auteurs sont dans la nature. Sans ce travail nous ne pouvons pas aller plus loin. Nous avons également nos propres agents constatateurs qui peuvent seconder les équipes locales. Cette impression de ne jamais en finir rend parfois le travail pénible."

C'est dans cette optique que le directeur insiste sur le rôle d'accompagnement que peut jouer l'intercommunale. En effet, l'entreprise regorge de personnes pouvant sensibiliser le public sur l'un ou l'autre sujet comme le nettoiement dans les quartiers (avec Bewapp) ou le compostage des déchets.