Arrivée en 2019, la directrice a apparemment redressé l'école et s'est fait une place dans le cœur des élèves et du staff enseignant. "Je suis en 7e, et j'ai connu l'école avant l'arrivée de Madame Goussot", nous explique Mathieu. "Elle donne tout ce qu'elle peut pour l'école, il n'y a pas d'autres mots. En deux ans, elle a rénové des locaux, des ateliers, elle nous a installé des fontaines à eau et nous a donné des gourde et des masques. Elle vient encore d'organiser un banquet pour les écoles sinistrées par les inondations. On a des sections hôtelière, coiffure, menuiserie, rénovation, puériculture, boucherie, parcs et jardins: avec elle, on a eu des nouvelles machines qu'on attendait depuis des années pour nos ateliers. L'école, on n'y croyait plus, on venait avec des pieds de plomb... et depuis qu'elle est là elle nous a redonné l'envie de venir apprendre et on vient avec le sourire."

Tout est parfait... sur papier. Parce que le procédé de nomination de chef d'établissement, auprès de WBE (Wallonie-Bruxelles Enseignement), a changé en 2019. Il y a maintenant un jury qui examine les candidats et qui choisit la personne qu'ils estiment la plus qualifiée: la directrice de l'ICTF a perdu, contre une autre candidate, à quelques points près apparemment. "On trouve ça dégueulasse, pas parce qu'on ne veut pas de nouvelle directrice, qu'on ne connait pas, mais parce que depuis que Madame Goussot est là on voit une vrai différence avec avant. Et là, on ne sait pas qui va arriver, c'est décevant de retirer la pièce maîtresse d'un puzzle pour la remplacer par on-ne-sait-pas-qui, tout ça pour quelques points", enchaîne Mathieu. Clara, en 5e, appuie son camarade. Toute l'école est derrière l'actuelle directrice. Les 280 élèves organiseront d'ailleurs une grève, ce jeudi 7 octobre, de 12h55 à 16h15. "On se retrouvera tous, avec des pancartes, des parents d'élèves, des professeurs sûrement, et on n'ira pas en cours. Pour montrer qu'on n'est pas d'accord avec la décision de WBE."

Le corps enseignant est aussi derrière sa directrice. Jeudi dernier, ils ont marqué un arrêt de travail. "Dans le staff, tout le monde proteste aussi contre ce procédé. On a remonté l'information, on a commencé à faire des pétitions et maintenant les élèves veulent en faire autant... et on est avec eux. Ici, la directrice a fait ses preuves, ça marche. Pourquoi la changer? Surtout que vu de l'extérieur, ce processus de sélection a l'air de permettre un peu ce qu'on veut, même des nominations politiques", nous explique un membre du personnel. 

Le nombre d'élèves était critique avant l'arrivée de Mme Goussot. Elle a réussi à augmenter les inscriptions, et à redorer le blason d'une école qu'on disait même vouée à fermer. Donc, les élèves et les professeurs font du bruit: c'est l'objectif. Est-ce que ça marchera? Pas d'après le préfet et membre du comité de sélection, qui était venu entendre le corps professoral la semaine dernière, Bernard Jonckers: "Je peux entendre les revendications du personnel qui a participé avec cœur au redressement de cette école, Mais quand on a deux candidats à égalité, il y a une grille de critères. Un choix a été fait, et même si nous pouvons comprendre le refus exprimé, cela ne changera en rien la décision, sauf si la candidate retenue refuse le poste ou est recalée après ses trois ans de stage dans la fonction", confiait-il à nos confrères de l'Avenir.

D'autres actions se préparent, en plus de la pétition, l'arrêt de travail des professeurs et bientôt la grève des élèves. À suivre...