Après la persécution des Ouïghours, l’oppression du peuple palestinien" : à Charleroi, le conseil communal ne s’en tient pas à débattre de dossiers locaux ou régionaux. Deux motions ont été soumises à l’approbation des élus : l’une à l’initiative de la majorité PS-C+-Ecolo avec des amendements du PTB - elle a été présentée par la conseillère et députée wallonne Latifa Gahouchi. L’autre sur proposition du chef de groupe MR et député Nicolas Tzanetatos. Entre les deux, plus que de la nuance : une opposition de vue sur la perception du conflit israélo-palestinien.

Si la distance n’empêche pas la proximité du cœur, l’existence de la plateforme Charleroi-Palestine n’y est pas étrangère. Elle illustre l’importance de la question dans la première ville de Wallonie. Et les élus ont adopté un texte à la mesure des revendications pro palestiniennes : exiger le respect du cessez-le-feu et des résolutions de l’organisation des nations unies… sous la menace de sanctions économiques.

"Il faut aller au-delà des postures et condamnations de principe", a indiqué Gahouchi. "Se donner les moyens de réprimer un comportement de colonisation hypocritement toléré depuis des décennies par la communauté internationale", selon la conseillère PTB Pauline Boninsegna qui a résumé la pensée de son groupe. Enfin, et ce n’est pas anodin, la motion reconnaît l’existence d’un État palestinien. Ce que la Belgique a refusé de faire voici un an.

Pour le chef de groupe MR Nicolas Tzanetatos, rien ne vaut la neutralité politique dans une histoire aussi compliquée que celle du proche orient. D’autant que le débat dépasse de loin l’intérêt local. L’élu a aussi dénoncé ce qu’il appelle le "double discours du PTB", partisan des plus faibles quand cela rencontre ses intérêts politiques. Mais aussi du plus fort dans les cas opposés : comment peut-on admettre le comportement de la Chine dans la persécution des Ouïghours et condamner le recours à la force militaire d’Israël ? Le plaidoyer du MR n’a pas été entendu.