Ce ne sont ni des attractions touristiques ni des lieux de spectacle : les escape rooms sont pourtant malmenées comme le monde de la culture et du divertissement. 

"Le problème de notre secteur, c’est sa non-catégorisation", déplore Didier Colart, qui exploite à la ville basse le cabinet de Maître Hembise sur les quais et Kalikasan à la galerie Bernard. Il n’est pas le seul à opérer à Charleroi : à la ville haute, William Loffel de LudoTrotter a conçu une escape room sur le thème de la mine. "Même si nos structures sont par nature amenées à accueillir des bulles familiales ou d’amis, nous pouvons comprendre qu’on nous en impose la fermeture. En revanche, nous n’acceptons pas d’être exclus de toute forme d’aide publique et invisibilisés par l’absence de classification économique claire", poursuit Didier Colart. 

"Pour nous, le premier confinement a entrainé trois mois complets de fermeture sèche, de pertes directes sans aucune forme de compensation." La situation est d’autant plus douloureuse qu’au nord du pays, les escape rooms ont bénéficié d’une prime de 160 euros par jour d’arrêt forcé. "Nous ne pouvons le nier ou mettre la tête dans le sable, la crise sanitaire est là et beaucoup de professions en souffrent. Alors bien sûr, il est important de protéger nos clients tout autant que nos collaborateurs. Mais nous voulons aussi sensibiliser le public à notre cause et au fait que le milieu du jeu d’évasion grandeur nature a besoin de revivre dès que cela lui sera permis." 

Le message s’adresse aussi aux autorités locales de Charleroi. "Lors de la première vague, elles nous avaient d’abord écartés de l’accès à la plateforme Cestbonpourlelocal car nous n’étions pas considérés comme des commerçants. Elles ont ensuite revu leurs positions. Tout cela pour dire que les menaces sur nos activités sont réelles." 

Créée à l’initiative de Didier Colart, la nouvelle association EscapeWall regroupe 25 modules en Wallonie. Elle permet au secteur de parler d’une seule voix.