"Le 8 mars, on crie, on se lève et on milite pour plus d'égalité. Il y a beaucoup trop de femmes qui sont victimes de violences de toutes sortes, même en 2021." Margaux Joachim la coordinatrice des Femmes de mars et Mélanie Carboni du CAL Charleroi seront dans la rue, comme de nombreuses femmes, pour revendiquer leurs droits. Parce que le 8 mars, c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Mais tout le mois de mars, comme chaque année, Charleroi sera aussi le théâtre d'actions par les partenaires et le collectif citoyen de la plateforme des Femmes de mars.

L'année passée, le mois était - lui aussi - chargé d'actions. Mais à part la soirée dansante et l'enterrement en grande pompe du Patriarcat... rien n'a pu se faire, ou presque. La covid est passée par là. "On espérait pouvoir reprendre en 2021, mais il a fallu s'adapter. Le programme est un peu moins chargé mais sera toujours aussi original. Beaucoup de visioconférence, bien sûr, mais il y aura des temps forts dans les espaces publics."

  • Une manifestation statique de 100 femmes se tiendra sur la place Verte, le 8 mars à partir de 17h30. Mais déjà toute la journée, des chants, des slogans et des prises de paroles permettront aux femmes de revendiquer leurs droits. "Ca s'inscrit dans le cadre d'une grande grève internationale, on espère que ce sera le début d'une grève annuelle et durable."
  • Le 20, un happening de Yes, We dance mettra des danseuses dans les rues et les places de la ville. Un atelier non-mixte permettra aux participantes de se préparer à l'événement.
  • L'exposition "Figures de femmes", fermée en mars 2020 suite à la pandémie, sera de retour avec un podcast des Cannibales Lecteurs pour accompagner la visite. A partir du 13 mars, jusqu'au 26, une extension de l'expo dans l'espace public à travers un parcours d'artiste dans les vitrines des magasins (boutiques, restaurants, quai 10, espaces commerciaux vides, etc.) sera organisée. Et le 26, pour la clôture des actions, des femmes artistes (danseuses, slammeuses, peintres, colleuses, ...) s'exprimeront partout dans la ville, avec les vitrines cette fois réquisitionnées pour accueillir des concerts, notamment de Sélénasophia (La Louvière).
  • D'autres actions, en ligne et hors ligne, sont prévues.

Faut-il le rappeler, aujourd'hui l'écart salarial est toujours de 26% entre les hommes et les femmes, notamment à cause des temps partiels, des interruptions de carrière pour les enfants, du "plafond de verre" - et du "plancher collant", etc. Et les pensions reflètent cette inégalité aussi. Les protections menstruelles coûtent près de 4.000€ sur une vie, sans compter les visites chez le gynécologue. Les règles vestimentaires dans les règlements d'ordre intérieur de nombreux établissements (écoles, entreprises) visent les femmes. La charge de la contraception pèse sur la femme uniquement, dans l'immense majorité des cas (stérilet, pilule, etc.). En moyenne, une femme passe 14 heures de plus qu'un homme à s'occuper des tâches ménagères et des enfants, chaque semaine. Bref, la société patriarcale et les systèmes de dominations sont toujours bien ancrés, même si ça bouge. Petit à petit.

"L'idée derrière ces actions de Femmes de mars, c'est de permettre aux gens de s'identifier à notre cause et de voir vers quelle société on veut tendre", conclut Margaux Joachim. "S'il y a bien un point positif au confinement, c'est qu'il a permis de mettre en avant le boulot invisible des femmes et de permettre une prise de conscience générale sur les conditions de travail et de vie des femmes."

> Le programme complet sur https://femmesdemars.be/. La soirée de lancement, avec interviews, capsules vidéos, théâtre, DJ set et apéro géant, sera diffusée en direct Facebook depuis le BPS22 le 4 mars en fin de journée. Pour participer à la manifestation du 8 mars, une inscription préalable est nécessaire en raison des mesures Covid.