"Quand on nous a proposé de détruire la maison, ça n'a pas été évident vu la charge historique du bâtiment, et même psychologiquement. Finalement, on en a discuté entre parents, et il est peut-être préférable de la raser et de la remplacer par un mémorial où on avait le champ libre pour choisir ce qu'on souhaitait", dit Gino Russo. Jean-Denis Lejeune renchérit : "C'était important d'avoir un élément qui fait qu'on n'oublie pas l'histoire, et qu'il y ait des gens qui se battent pour ne plus que ça se reproduise. Ce mémorial sera fait tout en douceur, dans des tons classiques. On a pu faire évoluer le projet ensemble, et je pense que c'est une bonne chose, pour qu'on n'oublie pas mais qu'on y pense plutôt avec un sentiment de positivité, qu'on pense à l'avenir de nos enfants."

© van Kasteel

Tous ont remercié la ville de les avoir impliqué, de les avoir écouté: "ce jardin, c'est un lien entre nous et les petites", a souligné Louisa Albert. "Merci infiniment de nous avoir intégré à la réflexion."

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Il faut dire qu'ils ont participé depuis le début aux réflexions autour de ce mémorial. L'idée de surélever de deux mètres le jardin, pour qu'il soit "entre terre et ciel", c'est les parents. Les nombreuses fleurs qui fleuriront toutes l'année, c'est les parents. "On a aussi exigé que les sous-sols restent accessible, pour peut-être de futures fouilles", nous signale Gino Russo: un défi technique, mais qui permettra de conserver un accès pour la justice.

S'ils souhaitaient au départ garder la maison intacte, "un peu comme la maison d'Anne Frank, où il s'est passé quelque chose et où la maison représente la mémoire", ils ont changé d'avis. "Je suis d'ailleurs retourné dans la maison, fin 2020", note Gino Russo. "Elle était dans un état déplorable, dangereux même, je ne pense pas que la rénover aurait été une bonne solution. On verra si on a pris la bonne décision."

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