L'avocat pénaliste a qualifié l'accusé de "lâche parmi les lâches" et aussi d'égoïste, ne pleurant pas sur son parcours de vie, "car plusieurs personnes vous ont tendu la main, mais vous les avez broyées, car la violence est votre mode de vie". Il rappelle ainsi les nombreux rapports de discipline rédigés dans les centres par lesquels est passé l'accusé.

Me Mayence est révolté par le comportement de Yasin Driessens, "qui essaye encore d'imposer ses règles" en essayant de manipuler certains témoins, les invitant à changer leurs déclarations faites lors de l'enquête. Sur les réseaux sociaux, l'accusé annonce qu'il se vengera. "Son image avant tout", s'insurge l'avocat, "il ne peut pas se plier aux règles, c'est une bombe à retardement qui reste dans son rôle de chef de gang".

Après trois jours de débats et des éléments qui en sont ressortis, l'avocat avait annoncé mercredi qu'il poserait la question de la préméditation du meurtre, qualifiant donc les faits d'assassinat. "La plus belle des preuves se trouve dans les images vidéo. Sans ces images, que nous aurait-il raconté comme histoire ? Sa première déclaration faite à la police ne colle pas aux images enregistrées."

L'avocat s'arrête sur la scène à 23h07, le 8 juillet. Romain, menacé par des jeunes qui lui reprochent d'être violent avec sa compagne, s'enfuit rue de Loverval. Une minute plus tard, Pablo entre dans le parking, rue de Loverval. Il enlève sa veste et sa casquette. Pour discuter ? L'avocat n'y croit pas un instant. Les images démontrent qu'il a frappé "et il rendra des comptes devant un autre tribunal".

A 23h09, Yasin Driessens et Angela arrivent sur le parking. Il y a un flash lumineux. Les deux garçons transportent la victime et la jettent sur le sol, à 23h14. Romain est frappé par les trois individus. Les mineurs partent, mais pas Yasin. "Pourquoi ? Pour ce qu'il avait dit : si je l'attrape, je le tue. Ou encore, il ne rentrera pas vivant chez lui", affirme Me Mayence.

Deux minutes plus tard, un témoin voit l'accusé frapper la victime et tirer une photo. Ce témoin revient à 23h29. Le coup fatal avait déjà été porté. Pour l'avocat, l'accusé avait l'occasion, durant ces vingt minutes, de revenir sur sa décision criminelle. "Il n'avait aucune raison de rester seul sur place si ce n'est pour mettre à exécution son projet criminel, annoncé quelques minutes plus tôt", a-t-il plaidé.

Concernant l'intention d'homicide, l'avocat l'établit sur plusieurs éléments : le nombre de coups, les zones visées (la tête et le haut du corps), la violence exercée, les déclarations des témoins directs du coup fatal, l'expertise médico-légale qui a exclu les chances de survie, les paroles tenues avant et pendant par l'accusé, son calme olympien après les faits. Ce qui démontre, selon Me Mayence, qu'il est conscient du geste qu'il pose. L'avocat liste encore le refus de l'accusé d'appeler les secours et sa structure de personnalité compatible avec les faits.

L'avocat général dressera son réquisitoire en début d'après-midi.