Elles ont chipé leurs cartes bancaires pour vider leurs comptes.

Yoyo et Yengo faisaient le tapin dans le Triangle à Charleroi. Et le soir du 25 juillet 2012, elles n’avaient manifestement pas envie de travailler. Quand deux clients en ribote se sont pointés et leur ont demandé leurs tarifs, les deux prostituées congolaises ont flairé le pigeon.

Elles ont donc topé pour 2 fois 100 euros et les ont emmenés dans leur appartement de la rue Desandrouins. "Et là, l’un des fêtards a dû aller chercher de l’argent", a tonné le substitut Vervaeren, qui poursuit Yoyo et Yengo devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Il s’est rendu au bancontact avec l’une des prévenues qui a pu voir son code. Une fois dans l’appartement, elles ont insisté pour les faire boire. Inutile de dire qu’il n’y a pas eu de relation sexuelle : l’une des victimes ne se souvient que de flashs, elle a des trous de mémoire et a dû sortir pour vomir. L’autre ne se rappelle absolument de rien et s’est réveillé le lendemain matin sans ses cartes bancaires."

Un peu gênés, les deux pigeons plumés se sont présentés à la police pour expliquer leur mésaventure. Une prise de sang a suffi à détecter l’importante quantité de benzodiazépine (somnifères) qui leur avait été administrée.

Et, évidemment, leurs comptes avaient été solidement entamés par les prostituées. "Le soir même, elles essaient de retirer 10 fois de l’argent à la Poste et 6 fois à l’ING, sans se rendre compte qu’elles avaient déjà atteint la limite journalière. Le lendemain, elles ont prélevé 100 euros, puis 400, avant de s’obstiner à neuf reprises à la BNP Paribas. Tant que je gagne, je joue, se sont-elles dites. C’est comme ça qu’elles se sont rendues à l’Inno où elles ont acheté pour 2.000 euros de parfum !".

Pour le parquet, le vol avec violence à l’aide de substance inhibitive et les fraudes informatiques sont bien établies à charge des deux prévenues. Il réclame donc 2 ans de prison contre Yoyo et 18 mois pour sa complice.

Mais Yoyo et Yengo contestent et s’emberlificotent dans des déclarations rocambolesques. La première affirme que les clients lui ont remis la carte bancaire et ont accepté qu’elle retire de l’argent. Yengo, elle, nie avoir drogué les victimes mais reconnaît avoir utilisé la carte bancaire à l’Inno, alors qu’elle la savait volée.

Pour Me Cloet, qui défend cette dernière, rien ne démontre qu’elle était bien présente lors de l’administration des somnifères.

Pour le reste, l’avocat a sollicité une peine de travail. Yoyo, qui s’était aussi rebellée lors de son interpellation, n’avait pas d’avocat. Et ça, ça risque de lui coûter cher.